ATELIER 3

Pitch d'invitation

L’hyper spécialisation technologique et/ou scientifique des filières d’innovation d’une part et l’impérieuse nécessité des entreprises à interagir avec des structures plus agiles ont mis en exergue depuis près de 20 ans  le monde des start up.
Mais beaucoup s’interrogent aujourd’hui sur les bons modèles de fonctionnement. Les modèles actuels sont-ils pérennes ?

 

Avant de débuter nos travaux , 2 keynotes sont au programme
2 keynotes et 2 présentations de secteurs différents nous seront présentées :

1/ Présentation de Leonard par son directeur, Julien Villalongue.
Dispositif mis en place au sein de VINCI  pour développer une cohabitation efficiente avec les start up dans un domaine d’activité, très international et décentralisé.
Guillaume Bazouin de Leonard rentrera plus en détail sur le dispositif d’accompagnement « startup by Leonard » .
La start up Ebeton, hébergée chez Léonard viendra pitcher et nous fera son retour d’expérience.

2/ L’industrie pharmaceutique a toujours été précurseur dans ses modes de fonctionnement, les relations mis en place avec les start up font figure aujourd’hui d’exemples.
Jean Francois Hilaire Executive Vice President, Head of Strategy & Global Integration de RECIPHARM nous décrira  les fondamentaux de la chaine d’innovation de l’industrie pharmaceutique, et nous décryptera les meilleures pratiques mises en place avec les start up de la biotech

Contexte

Pour cette troisième étape de notre expédition 2019 vers le management de l'innovation de demain, rendez-vous était pris avec un visionnaire hors pair et un inventeur de génie : Leonard...

Le 9 avril dernier, nous avons eu l'occasion de visiter la plateforme de prospective et d'innovation du groupe Vinci, acteur mondial des métiers des concessions et de la construction, située dans le XIIème arrondissement de Paris.

Une plongée immersive au sein de ce pôle "Leonard", qui présente un environnement innovant, mixant collaborateurs du groupe et startup externes, très propice à nos échanges.

Julien Villalongue, directeur de Leonard Paris, a alors présenté en profondeur ce laboratoire ouvert du "futur des villes et des infrastructures". Il était accompagné de Guillaume Bazouin, Studio Lead (Open Innovation and Startups), qui a mis, plus précisément, l'accent sur le dispositif d'accompagnement "startup by Leonard". Un exemple pertinent d'interactions entre grand groupe et starup !

Pour poursuivre ensuitre notre investigation sur le suet, nous avons bénéficié d'un regard externe et, surtout, d'un retour d'expériences issu d'un des secteurs pionniers en matière de relations avec les startups : l'industrie pharmaceutique, Jean-François Hilaire, Executive Vice President, Head of Strategy & Global Integration de Recipharm, nous a permis d'entrer dans les fondamentaux de la chaîne d'innovation de l'industrie pharmaceutique, et de décrypter les meilleures pratiques mises en place avec des BioTech.

Dès lors, nous étions prêts pour aborder les ateliers de l'après-midi et envisager à notre tour la relation entre l'entreprise de demain et les jeunes pousses de l'écosystème français.

Comment transformer les relations entre les startup et l'entreprise de demain ?

La France est-elle une terre de startup ? Oui, à y regarder de près la FrenchTech et son écosystème dynamique. L’Hexagone comptait ainsi 14 648 startups début 2019  ! Et sans surprise, l’Ile-de-France accueille la plupart d’entre elles (51 %). Certains annoncent même le chiffre de 13 000 startups en 2022, preuve que le modèle attire de plus en plus. En conséquence, ces nouveaux acteurs au modèle disruptif, poussent toutes les entreprises à se transformer, à innover et à s’ouvrir sur l’extérieur. Une transformation digitale qui n’est pas sans poser de nombreuses questions, à commencer par celle de la relation qu’elles peuvent entretenir avec ces jeunes pousses.

Violaine Cherrier

15,7 % de la population française (18–64 ans) a l’intention de fonder une entreprise dans les trois prochaines années, soit 30 % de plus que la moyenne en Europe (11,9%) ou qu’aux Etats-Unis (11,7 %).

 

HealthTech, BioTech, FinTech, EdTech, SportTech… font désormais partie du paysage économique français – mais aussi mondial – au même titre que les PME, ETI et autres grands groupes. Parmi les secteurs les plus représentés, on note en particulier celui des technologies de l’informatique et de l’information (18 %), suivi des services aux entreprises (17%) et de l’électronique (9%). Mais de plus en plus, les domaines d’activité se diversifient, à travers notamment les BioTech (8 %), la culture (6 %), la mode (5 %) et la restauration (5 %), trois secteurs de pointe dans lesquels la France possède une renommée mondiale.

 

Autre point à relever : majoritairement, les startups françaises sont orientées B2C (à 38,8 %), voire B2B2C (29,6 %). Le secteur B2B ne représentant quant à lui « que » 19,7 % du marché des startup. Se pose alors la question de savoir comment transformer les relations entre startups et entreprises pour travailler à façonner l’innovation et le monde de demain ?

 

L’écosystème français de l’innovation est riche. En s’alliant à ces plus petites entités, les grands groupes peuvent y trouver de nombreuses opportunités pour acquérir des compétences ou des savoirs, co-innover et réajuster leurs modèles en imaginant les marchés de demain… Pour autant, cet écosystème doit s’entraider pour s’adapter car l’un ne grandira pas sans l’autre, ne s’enrichira pas l’un sans l’autre… C’est un point crucial pour voir émerger en France des sociétés de plus en plus disruptives, fortes sur leur marché et, surtout, capables d’affronter la concurrence européenne et mondiale.

I/ Quel écosystème pour la relation entreprise - startup ?

Pour cette troisième étape de notre expédition 2019 vers le management de l'innovation de demain, rendez-vous était pris avec un visionnaire hors pair et un inventeur de génie : Leonard...

Si startups et grandes entreprises peuvent sembler au premier abord dans une relation concurrentielle, c’est de moins en moins le cas. En effet, à l’image des FinTech qui ont poussé les groupes bancaires classiques à repenser leur approche et leurs offres, startups et entreprises sont aujourd’hui (et à plus forte raison demain) de plus en plus impliquées dans une démarche commune autour d’un projet ou d’un objectif mené en coopération.  Aux startups, l’agilité et la culture digitale natives, aux grands groupes, la solidité, la pérennité et les moyens financiers. C’est pourquoi, l’entreprise de demain alliera le meilleur des deux mondes !

 

Pour bénéficier au mieux des atouts de chacune des parties prenantes, trouver un lieu d’échanges communs et « neutre », un terrain d’entente, est souvent une clé de réussite. C’est pourquoi, souvent à l’initiative du grand groupe, il semble indispensable de dédier un lieu indépendant à cette collaboration, un lieu qui serait un véritable laboratoire d’innovation et de prospective, mêlant collaborateurs du groupe et entrepreneurs extérieurs autour d’une vision commune. Une « Station F », rattachée au groupe, mais qui disposerait de son propre espace, de ses effectifs et d’une certaine autonomie.

 

« Ce lieu est un actif stratégique car il permet d’accueillir les équipes de Leonard, nos différents ateliers de prospective et les porteurs de projets (intrapreneurs, startups…). C’est un lieu d’échanges, de cristallisation grâce à une concentration physique. Nous accueillons notre fondation d’entreprise et également les rencontres liées à la chaire ParisTech. Leonard est un lieu neutre dans lequel on peut embarquer plus facilement des écosystèmes externes, même si nous assumons notre maternité Vinci, car le lieu est ouvert à tous nos collaborateurs et aux intervenants externes. Leonard a été conçu autour d’une ambition : embarquer l’ensemble de ceux qui pensent et font le futur », explique Julien Villalongue, directeur de Leonard Paris.

 

L’objectif de Leonard est donc de : « faire de la prospective dans une démarche plus ouverte. » Cette initiative portée par le Comex de Vinci pour l’ensemble des métiers du groupe répond à six problématiques principales :

  • L’évolution de la création de valeur et de son positionnement de plus en plus tourné vers l’usager final ;

  • La tendance réelle de développer des démarches d’innovation très ouvertes et décloisonnées ;

  • La forte nécessité de concentrer les équipes autour d’une marque commune pour mieux les engager ;

  • La nécessité de s’approprier de manière plus globale les enjeux peut stimuler l’innovation ;

  • L’acceptabilité sociale de ses propres activités à laquelle sont inévitablement confrontés les grands projets de construction tels que ceux menés par Vinci :

  • La marque employeur : en ce sens, Leonard participe pleinement à la rétention des talents.

 

« Leornard a permis d’accélérer notre appropriation de ces évolutions, d’y répondre de manière transverse pour que tous les pans de l’entreprise se retrouvent confrontés à ces enjeux, poursuit Julien Villalongue. Leonard favorise le dialogue entre les échelles internes et externes. Nous pouvons ainsi porter nos projets vers l’extérieur pour nous confronter à note écosystème au sens large, mais également répondre à des enjeux internes d’attraction, de rétention et création de valeurs au sein de chaque unité managériale. » Le tout avec une vraie dimension prospective. Deux territoires communiquent ainsi entre eux au sein de Leornard : l’exploration et les innovations entrepreneuriales.

 

Pour compléter votre réflexion :

Jean-François Galloüin (Centrale Supélec, Essec) : « Pour bien innover, il faut donner la priorité aux porteurs de projet avec un profil d’entrepreneur »

Une plongée immersive au sein de ce pôle "Leonard", qui présente un environnement innovant, mixant collaborateurs du groupe et startup externes, très propice à nos échanges.

Le programme d’accompagnement des startups va commencer en juin 2019. Vinci a ainsi mis en place deux programmes au sein de Leonard. Le programme Accelerate propose de participer au développement de la proposition de valeur au MVP (Minimum Viable Product) et qui repose sur les valeurs suivantes : bienveillance, émergence et marque employeur. Quant au programme Catalyse, il accompagne le déploiement de solutions innovantes au sein du groupe Vinci, du POC (proof of concept) à l’industrialisation, à travers des valeurs de collaboration, d’adéquation offre / marché, et de compétitivité.

 

« Ce sont deux sourcings et deux objectifs différents, explique Guillaume Bazouin, Studio Lead (Open Innovation and Startups) de Leonard. Ces deux programmes répondent à deux besoins identifiés des startups : d’une part, ce qu’on appelle la Vallée de la Mort technologique, c’est-à-dire les early-stage accelerators. Et d’autre part, la Vallée de la Mort de la commercialisation, soit les Growth-stage accelerators. » Comment sélectionner les startups ? Leonard a choisi de se positionner uniquement sur les produits qui intègrent peu de complexité et donc peu d’investissements. Un parti-pris qui permet de proposer un cadre à la relation startup-entreprise.

 

Plus d’infos ici : https://leonard.vinci.com/

II/ L'exemple de l'industrie pharmaceutique

L’industrie pharmaceutique a toujours été un secteur précurseur dans ses modes de fonctionnement. Ses relations avec les startups font figure aujourd’hui d’exemples. « Le marché mondial pharmaceutique est évalué à 1 000 milliards de dollars avec une croissance importante. L’industrie a entamé il y a déjà plusieurs années une transformation technologique majeure afin d’adresser les enjeux liés à un marché global mais surtout à un contexte règlementaire particulièrement contraignant », précise Jean-François Hilaire, Executive Vice President, Head of Strategy & Global Integration de Recipharm. Un contexte néanmoins favorable à l’émergence des HealthTech.

 

Le secteur pharmaceutique fait appel à de la connaissance et à l’innovation issues des quatre coins du monde car la valeur d’un médicament est principalement constituée de connaissance. Or, le processus de développement de nouvelles molécules est complexe et risqué. En effet, un nouveau médicament ne sera autorisé que s’il est fait la preuve de sa supériorité sur les traitements existants. « Nous sommes parfois sur des cycles de vie d’une cinquantaine d’années, donc très longs. Le secteur recouvre des enjeux très lourds et une complexité réelle, comme le montre le schéma ci-dessous, qui implique d’accélérer la co-innovation », confirme Jean-François Hilaire.

Un processus long, complexe et très coûteux qui peut avoir un impact énorme sur la trésorerie des laboratoires, d’où leur nécessité d’échanger sur des projets de recherche communs. Ce modèle a néanmoins l’avantage de proposer à la fin de chaque étape une valorisation du produit, des projets et des échanges. Et c’est là que les startups interviennent ! Il est désormais rare en effet qu’un produit découvert dans un laboratoire soit lancé par ce même laboratoire quelques années plus tard. Aujourd’hui, le moteur de l’innovation pharmaceutique repose essentiellement sur la phase 3 voire la phase 2 du développement clinique.