• Thierry Bardy

Dépasser les chimères écologistes


Daniel Fortin


Un livre choc qui déconstruit les fausses solutions militantes et propose un vrai chemin pour affronter les défis environnementaux.

Il a bâti des centres commerciaux. II fabrique désormais des immeubles en bois. Guillaume Poitrinal, ancien patron d'Unibail-Rodamco, a quitté l'entreprise après avoir cofondé, en 2014, WO2-Woodeum, une entreprise spécialisée dans la promotion immobilière bas carbone. A ce titre, il a pris des positions fortes sur le terrain environnemental, qui ne lui valent pas que des amis parmi les plus sectaires des militants écologistes. Hérissé par la décroissance, lassé par les fausses solutions avancées ici et là et leur impuissance face à un problème environnemental qu'il considère, lui aussi, comme une priorité à traiter, il a décidé, dans ce livre, de partager ses réflexions sur le sujet. Et elles méritent d'être entendues. Extraits.

Cesser les mesurettes : « Les petits renoncements d'Occidentaux avisés auront peu d'impact, sauf s'ils se massifient, de façon plus organisée, pour se concentrer, sans s'éparpiller, sur le sujet majeur de l'empreinte carbone des biens consommés, notamment importés. C'est le seul moyen d'avoir de l'influence sur les gigantesques émissions étrangères du charbon et des hydrocarbures. […] En abandonnant la consommation, on appauvrit tout le monde. Mais surtout, on renonce au pouvoir de mieux consommer, et donc à l'influence que l'on peut avoir sur l'économie mondialisée qui nous entoure. L'isolement et la sobriété ne sont pas des solutions. Le consommateur doit au contraire entrer dans l'arène pour exiger son droit et son envie de mieux consommer. »

Transformer les villes : « En imposant que rien de ce qui pourrait paraître ancien ne disparaisse, on stérilise le vivier urbain. L'architecture ne peut plus s'exprimer. La ville ne peut plus répondre aux défis de son temps. […] Il faut comprendre que la plupart des monuments que nous admirons aujourd'hui, je pense au Louvre ou à Notre-Dame, mais également aux magnifiques avenues parisiennes du baron Haussmann, ont été construits sur d'anciens édifices. La ville s'est bâtie sur elle-même, depuis des siècles. Et cette métamorphose ininterrompue produit finalement un cocktail de beauté où le meilleur de chaque époque, à l'échelle d'un bâtiment, d'une rue ou d'un quartier, cohabite pour constituer notre héritage patrimonial. Avec le 'décroissantisme' moderne, cet équilibre précaire entre ce qui mérite protection et ce qui peut servir d'appui à une nouvelle architecture disparaît. »

Pour une vraie mesure du carbone : « Je milite pour un grand thermomètre mondial de mesure indépendante et indiscutable de l'empreinte carbone (voire de tout gaz à effet de serre) de chaque produit. C'est pour moi la seule manière de se concentrer sur l'essentiel, au détriment de l'accessoire, et d'agir activement sur les comportements des entreprises et des particuliers. […] Remettre de l'ordre dans l'échelle de nos priorités écologiques est impératif. Réorienter tout l'argent investi dans des chimères vers la cause supérieure de la transition bas carbone serait également bienvenu. »

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