• Thierry Bardy

En 2021, 25 entreprises dans le monde ont consulté leurs actionnaires sur leur politique environneme



L. Boi.


TotalEnergies, Vinci, Atos, Ferrovial, Royal Dutch Shell, HSBC, S&P Global, Moody's ont demandé aux investisseurs leur avis sur leur stratégie climat.

En octobre 2020, l'espagnol Aena, qui gère les aéroports de Madrid et de Palma de Majorque, a fait figure de pionnier. Pour la première fois, ses actionnaires se sont prononcés sur son plan d'action pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, au travers de résolutions dites « Say on Climate ». Le groupe a cédé à la pression d'un de ses actionnaires, le fonds spéculatif britannique TCI, fondé par le milliardaire Christopher Hohn, et qui détient environ 4 % du capital. Depuis, 25 groupes dans le monde ont déjà consulté leurs actionnaires sur leur plan climatique, selon une étude réalisée par le cabinet de conseil Squarewell Partners. Parmi eux, des français comme Vinci (dont TCI est également actionnaire), Atos, ou encore TotalEnergie s, mais surtout beaucoup d'Américains comme les agences de notation S & P Global, Moody's, Union Pacific Corporation, et de nombreux Britanniques, comme Unilever, Aviva ou Royal Duth Shell.

Neuf autres sociétés, dont LafargeHolcim, Barclays ou Anglo American, ont déjà indiqué qu'elles procéderaient elles aussi à un tel vote, soit avant la fin de l'année, soit aux AG 2022. Les sociétés des secteurs industriels et financiers (principalement les banques) sont les premières concernées.

A la fin juillet, 17 sociétés avaient adopté de leur propre initiative ces résolutions qu'elles ont adaptées à leurs contraintes, sans forcément suivre les demandes formulées par les initiateurs de ce concept. Ainsi, le contenu, mais aussi l'exigence des résolutions soumises au vote varient significativement d'une société à une autre, pointe Squarewell Partners. Mais seules six d'entre elles se sont engagées à organiser un vote à fréquence régulière.

Résolutions plébiscitées

Les résolutions soutenues par les sociétés ont en moyenne recueilli plus de 90 % de soutien. Le « Say on Climate » a remporté plus de 98 % de votes à l'AG de Vinci, 97 % pour à celle d'Atos. Ailleurs, en Europe, les scores sont aussi élevés. Chez Unilever, 99 % des actionnaires ont voté pour, 96 % chez Ferrovial, ou encore 94 % chez Glencore. Le vote à l'AG de Shell a été un tout petit peu moins consensuel (89 %), mais les actionnaires avaient à se prononcer aussi en parallèle sur une résolution plus ambitieuse, portée par l'organisation environnementale Follow This.

A l'inverse, les résolutions émises par des actionnaires demandant un vote annuel ont eu moins de succès. Chez H&M, elle a été refusée à plus de 97 %.

Les investisseurs n'ont pas tous forcément eu le même point de vue, explique Squarewell Partners. Alors que certains investisseurs se sont publiquement prononcés en faveur des « Say on Climate », d'autres, comme certains fonds de pension américains, tel que CalPERS, le fonds de pension de la Californie, ont exprimé des réserves sur l'efficacité du mécanisme et sur les potentielles conséquences sur la responsabilité des conseils d'administration. La plupart des investisseurs passifs, comme BlackRock, State Street ou encore Vanguard ont opté pour une approche au cas par cas. Enfin, entre les deux agences de conseil en vote américaines, ISS a été plus accommodant que Glass Lewis.

Parmi les bizarreries des résolutions « Say on Climate », Iberdrola s'est illustré cette année en faisant voter une résolution particulière, très différente de celles des autres groupes. Le groupe espagnol a clairement indiqué que ses actionnaires allaient voter sur ses grands principes, ses positions et ses objectifs en matière de climat, mais pas sur sa stratégie ni sur le contenu spécifique de son plan d'action, car ces derniers relèvent du conseil d'administration.

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