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  • Thierry Bardy

Le débit de la 5G progresse, mais sans effet « waouh » pour les clients



Raphaël Balenieri Florian Dèbes


Deux ans après son lancement en France, la 5G a fait augmenter le débit moyen, selon l'Arcep. Mais la nouvelle génération mobile n'offre pas encore une expérience fondamentalement différente de la 4G.

Bilan en demi-teinte pour la 5G. Deux ans après son arrivée dans l'Hexagone, la nouvelle génération de téléphonie mobile a permis d'augmenter le débit moyen sur les smartphones des Français. Mais la technologie n'a toujours pas d'effet « waouh » évident. C'est la conclusion de l'Arcep, le régulateur des télécoms, dans son enquête annuelle sur la qualité des services mobiles parue jeudi.

Le gendarme du secteur a réalisé plus de 1 million de mesures, de la 2G à la 5G, sur tout le territoire, à l'intérieur et l'extérieur des bâtiments et même dans les transports. Premier enseignement : avec la 5G, le débit moyen descendant (nécessaire pour afficher des pages Web, télécharger des films ou des séries…) atteint 94 mégabits par seconde, contre 82 mégabits l'an dernier… et « seulement » 63 mégabits pour la seule 3G-4G.

Cette progression n'est pas liée au hasard. Les opérateurs continuent de densifier leurs réseaux 5G. En octobre, 36.000 antennes 5G étaient installées en métropole et environ 27.000 sont techniquement opérationnelles, selon l'Agence nationale des fréquences. Couvrir tout le pays prendra cependant des années, ce qui explique que, pour le moment, le débit offert est très loin du potentiel. « En théorie, la 5G peut offrir jusqu'à 2 gigabits par seconde et nous avons pu constater sur le terrain du 600 mégabits par seconde », rappelle Guillaume Decorzent, de l'Arcep.

Les trois promesses de la 5G

Là où le bât blesse, c'est que malgré ce débit en hausse, l'expérience de la 5G par le grand public reste assez proche de la 4G. L'Arcep a par exemple mesuré le temps nécessaire pour afficher une page Web, ou la qualité des vidéos en streaming. Or dans les deux cas, la 5G n'apporte pas un saut qualitatif évident. Pour ces usages, la 4G suffit amplement. « La 5G est toute récente, alors que la 4G en revanche a été déployée et optimisée continuellement depuis dix ans », explique Guillaume Decorzent.

En réalité, les clients des opérateurs n'ont que très peu d'occasions d'avoir un besoin impérieux de cette technologie. Certes, la 5G promet de booster des usages comme le jeu vidéo mobile ou la réalité augmentée. Mais l'offre pour ces contenus n'est pas encore très étoffée.

Technologie clé de l'industrie 4.0, la 5G n'a pas encore pris dans le monde des entreprises. La raison est connue : elle fonctionne encore beaucoup avec les béquilles de la 4G. Ce n'est que vers 2023 que la 5G dite « stand alone », complètement autonome, verra le jour. D'ici là, elle va donc surtout servir aux opérateurs pour désaturer leurs réseaux, alors que les Français consomment toujours plus de données (13 gigaoctets en 4G par mois, selon l'Arcep).

Orange à la première place

Au niveau des opérateurs, Orange occupe une nouvelle fois la première place du podium. En 2G-3G-4G-5G, l'opérateur historique offre 143 mégabits par seconde de débit au niveau national, devant SFR et Bouygues à égalité (84 mégabits), Free fermant la marche avec 64 mégabits. En revanche, dans les zones rurales, Free est deuxième avec 35 mégabits, contre 51 pour Orange.

Cette percée s'explique par sa stratégie en matière de fréquences. Contrairement à Orange, SFR ou Bouygues, l'opérateur de Xavier Niel a surtout utilisé la bande des 700 mégahertz pour déployer la 5G. Or cette bande permet de couvrir plus rapidement le territoire. Mais elle offre, en revanche, des débits plus faibles… En termes d'image, ce choix avait coûté cher à Free l'an dernier. A l'époque, la même enquête de l'Arcep avait montré que son réseau 5G était moins performant que sa 4G… y compris dans les grandes villes, un comble pour un opérateur ! Cette année, Free a redressé la barre. Sauf dans les zones rurales, où la 4G de l'opérateur mais aussi celles de SFR et de Bouygues Telecom offrent toujours plus de débit que leurs 5G.

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