• Thierry Bardy

Le semi-remorque de Tesla sera commercialisé en 2023



Basile Dekonink


Ouvertes en mai, les pré-réservations pour le « Semi » ont été clôturées il y a quelques jours. Tesla vise une commercialisation en 2023.

Il est équipé de trois moteurs indépendants et non plus quatre, le poste de conduite central propose désormais deux écrans et un double chargeur à induction pour smartphone - un héritage de la Model S -, mais, autrement, c'est le même. Le « Semi », le semi-remorque 100 % électrique de Tesla, refait parler de lui ces dernières semaines après avoir passé cinq ans sous les radars depuis sa présentation par Elon Musk.

S'épargnant comme à son habitude de communiquer à destination du public, le constructeur a d'abord discrètement mis à jour son site Internet, mi-mai, pour ouvrir le « Semi » à la pré-réservation. Tarif : un premier versement de 5.000 dollars (remboursable), puis un deuxième de 15.000 à régler dans les dix jours (sans retour en arrière).

Nouveaux détails techniques

Succès immédiat ? Tesla a clôturé ces réservations le 19 août, semant au passage quelques nouveaux détails techniques - les trois moteurs situés sur les essieux arrières - et en confirmant d'autres. L'autonomie est toujours estimée entre 300 miles (482 km) et 500 miles (804 km) en fonction de la gamme, ce qui permet selon la firme d'économiser quelque 200.000 dollars de carburant sur trois ans. La batterie se charge à 70 % de sa capacité en 30 minutes, et le semi-remorque accélère de 0 à 100 km/h en une vingtaine de secondes tout en tractant sa remorque de 36,3 tonnes. Les prix (de 150.000 à 180.000 dollars), en revanche, ne sont plus affichés. Pas plus qu'une éventuelle date de commercialisation.

Concurrence sur les rangs

Présenté en grande pompe un soir de novembre 2017, le « Semi » devait initialement prendre la route dès 2019, avait alors annoncé Elon Musk. Pepsi, Walmart, le producteur de bière Anheuser-Busch, le distributeur canadien Loblaw : en à peine trois mois, une vingtaine d'entreprises avait déjà passé commande, parfois par dizaines. Puis plus rien n'a filtré du côté de Tesla, hormis des messages laconiques pour indiquer, d'année en année, le décalage de la date de lancement.

« La production du Cybertruck [un projet de pick-up, NDLR] démarre l'an prochain, comme celle du Roadster et du Semi. Tout ça arrive. Cette année est tout entière dédiée à la montée en cadence, et l'an prochain il va y avoir une vague massive de nouveaux produits », s'est tout de même fendu Elon Musk en avril dernier lors du « Cyber Rodeo », l'événement organisé à l'occasion de l'inauguration de la « gigafactory » d'Austin.

S'il parvient à tenir ces délais, le constructeur devra toutefois composer avec une concurrence bien plus dense qu'il y a quelques années. Après plus d'un million de kilomètres d'essai en conditions réelles, l'eCascadia de Freightliner (une branche du groupe Daimler) entrera en production en fin d'année aux Etats-Unis. Scania et MAN ont également annoncé le lancement de leur semi-remorque électrique l'an prochain, alors que Geely a annoncé son Homtruck pour 2024.

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