• Thierry Bardy

Servier va ouvrir un incubateur haut de gamme



Catherine Ducruet


Le groupe pharmaceutique investit dans un bâtiment déjà équipé et opérationnel en parallèle de l'ouverture de son propre centre de R&D.

Servier a décidé de ne pas faire les choses à moitié. Plutôt que de créer, à côté de son futur centre de R&D de Saclay, un énième incubateur destiné à héberger des entreprises en création,il table sur un autre modèle en allant chercher les compétences de BioLabs, basé à Boston, spécialisé dans la gestion d'incubateurs dans les sciences de la vie, avec une ouverture prévue,en même temps que son centre de R & D, en 2023.

L'ambition du laboratoire français et de son partenaire américain est d'offrir non seulement des locaux, mais aussi toute une série d'accompagnements et de services afin de permettre aux biotechs qui s'y installeront de se concentrer sur le développement de leur projet. D'une superficie de 1.850 m2, le bâtiment construit par Servier pourra accueillir une vingtaine d'entreprises et plus d'une centaine de chercheurs, en moyenne pendant deux ans. Il sera équipé de laboratoires privés et partagés entièrement équipés (1,5 million d'euros y ont été investis), de salles de conférences, d'un café central et de bureaux. Les résidents auront, en outre, accès au soutien et aux installations centrales de Servier et bénéficieront d'un approvisionnement en ligne et d'une gestion intégrée des risques biologiques et des déchets chimiques.

Sur mesure

C'est sur cet environnement de travail sur mesure que BioLabs pourra appliquer le savoir-faire accumulé dans la gestion de son réseau d'une dizaine d'incubateurs outre-Atlantique, dont celui du français Ipsen, à Boston. Non seulement, il supervisera la gestion quotidienne du site, le soutien pratique et la fourniture de services, mais il organisera des événements spécifiques autour de sujets d'intérêt pour les start-up en sciences de la vie. Enfin, il leur facilitera les contacts avec les Big Pharma, les autres start-up et les investisseurs du domaine. « La cible, ce ne sont pas des projets à peine éclos, mais des biotechs déjà constituées, sans pour autant être encore capables de voler de leurs propres ailes dans des locaux isolés », explique Olivier Nosjean, responsable de l'Innovation ouverte et des Affaires scientifiques chez Servier. L'admission dans cet incubateur « haut de gamme », selon le souhait de son concepteur, se fera donc via un processus de sélection géré par BioLabs, avec dépôt des candidatures, à partir de l'été 2022.

Critères de sélection

« Nos critères de sélection seront proches de ceux qui investissent à des stades précoces, explique Jean-Jacques Yarmoff, responsable de la stratégie internationale de BioLabs : qualité de la recherche, business plan, composition des équipes. » Mais au-delà, « avoir levé déjà un peu d'argent sera un plus, gage de l'esprit entrepreneurial, ainsi que témoigner d'une capacité à travailler en environnement ouvert », complète-t-il. Pour promouvoir et faciliter les interactions avant l'ouverture, Servier et BioLabs vont proposer des séminaires en ligne et des programmes de mentorat avec un premier atelier prévu en novembre 2021 à Boston.

S'agissant des domaines thérapeutiques, l'oncologie, l'immuno-inflammation et les maladies neurodégénératives, qui sont les axes de Servier, seront privilégiés, mais sans exclusive. Pour autant, « pas question pour Servier d'exercer une quelconque préemption sur la propriété industrielle qui sera générée », insiste Olivier Nosjean. Des accords de confidentialité seront signés entre les start-up et les salariés de Servier s'ils interfèrent avec elles. « Nous espérons que certaines d'entre elles auront envie de travailler avec nous, mais l'objectif n'est pas d'en faire une source de revenus », assure le responsable de l'Innovation ouverte et des Affaires scientifiques.

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