• Thierry Bardy

Meta lance une académie du métavers



Marina Alcaraz


Le géant américain, associé à Simplon.co, lance en France des formations gratuites axées sur les métiers du futur, accessibles sans diplôme. L'objectif est de développer l'écosystème autour du métavers.

Une école où l'on apprendrait en quelques mois la technologie du futur. C'est le projet de Meta, maison mère de Facebook, et l'école Simplon.co, spécialiste du numérique, au travers d'une académie du métavers. Des formations gratuites ouvriront à partir de la rentrée scolaire 2022, dans quatre grandes villes : Paris, Marseille, Lyon et Nice. L'ambition est d'accueillir une vingtaine de personnes par formation, soit presque une centaine au départ. Alors que Meta a de grandes ambitions dans le métavers, cet ensemble de nouveaux univers virtuels et immersifs peuplés d'avatars en 3D, l'objectif est de former des jeunes ou des personnes en reconversion sur de nouveaux métiers en « tension » dans ce nouveau terrain de jeu. « 80 % des métiers de 2030 ne sont pas encore inventés, mais on sent d'ores et déjà qu'il y a des besoins, explique Laurent Solly, vice-président de Meta pour l'Europe du Sud. C'est le développement de compétences qui crée des dynamiques. Nous voulons développer l'écosystème. »

L'académie est axée sur deux métiers : celui de concepteur développeur spécialisé en technologies immersives et métavers, et celui de technicien support-assistance pour la maintenance des équipements. « Sur ces métiers, il y a déjà des offres d'emploi non pourvues, ajoute Frédéric Bardeau, cofondateur et président de Simplon. Or, il n'existe pas, à ma connaissance, de formations gratuites accessibles à tous. »

30 % de femmes

Pendant trois à six mois, les élèves sont formés à l'école de manière individuelle sur des projets, puis ils continueront en alternance entre douze et dix-huit mois dans des entreprises (agences médias, grands groupes, start-up, etc.). Les élèves bénéficieront à la fin d'une certification professionnelle, reconnue par l'Etat, et équivalente à des bac+2 et bac+3. Nul besoin d'avoir un diplôme à l'entrée. Les étudiants seront sélectionnés sur la base de challenges et d'entretiens, sans regarder leur CV, alors que la formation se veut « inclusive ». L'objectif est d'avoir 30 % de femmes. « Nous voulons féminiser ces professions », appuie Laurent Solly.

C'est Meta qui finance l'amorçage de la formation et fournit des équipements, puis Simplon fera appel aux aides publiques traditionnelles. Le coût total n'a pas été divulgué mais il se chiffrerait à quelques centaines de milliers d'euros pour Meta. Pour donner un ordre d'idée, le coût moyen pour une formation chez Simplon - sur la base des cursus existants - est de 10.000 euros par apprenant.

Il s'agit de la première académie sur ce thème lancé par Meta en France, mais aussi dans le monde. L'ambition n'est pas que les futurs diplômés aillent travailler chez Meta mais, en développant un écosystème, le groupe américain oeuvre à déployer ces technologies, et donc à travailler pour son futur. Pour le réseau social, l'intérêt est de se diversifier au-delà de la publicité en ligne et de construire de nouveaux business.Parallèlement, en octobre dernier, Facebook a annoncé qu'il comptait recruter 10.000 personnes en cinq ans en Europe .

2 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

- La croissance de Google ralentit, le géant dérape en Bourse. Les revenus d'Alphabet, la maison mère de Google, ont augmenté de 6 % seulement au dernier trimestre. Les marchés, déçus, ont sanctionné

Richard Hiault Sous l'oeil de la Banque des règlements internationaux, quatre banques centrales d'Asie et des Emirats arabes unis ont testé pendant six semaines leur plateforme commune d'échange de mo

Nicolas Richaud Alphabet vient d'annoncer que YouTube avait vu, pour la première fois, ses revenus publicitaires reculer sur un an. De son côté, la maison mère de Facebook pâtit du tour de vis publici