• Thierry Bardy

Microsoft ouvre les portes de son métavers à l'industrie


Thomas Pontiroli


L'américain fait de plus en plus converger les outils d'analyse et de simulation de son cloud Azure avec son masque de réalité mixte HoloLens. L'idée est de proposer aux industriels une vision augmentée et des outils de collaboration au même endroit, dans son « métavers industriel ».

A chacun sa définition du métavers. Pour Meta, un réseau social en 3D, pour The Sandbox, la terre promise des cryptos, et pour Microsoft ? Un super cloud - secteur où il est numéro 2 derrière Amazon - augmenté pour l'industrie. Au-delà du marketing, la firme signe des contrats - Heinz, Boeing et maintenant Kawasaki - pour son « métavers industriel ». « Dans un métavers, tous les process, du développement jusqu'aux tests en passant par le design, peuvent être exécutés dans un environnement virtuel », avance Kawasaki dans une vidéo présentée à l'occasion de la conférence pour les développeurs Build de Microsoft. Un an plus tôt, celui-ci jetait les bases de son concept de « métavers industriel ». Son idée : faire converger plusieurs briques technologiques, du cloud Azure à son masque de réalité mixte HoloLens.

Produits complémentaires

D'aucuns y verront, de la part de Microsoft, une occasion opportune de raccrocher les wagons au prometteur concept de métavers. Pour la firme de Redmond, c'est une agrégation évidente de produits complémentaires, qui aboutissent à l'idée de métavers. Il y a, d'un côté, une panoplie d'outils d'analyse et de simulation dans le cloud Azure, et de l'autre, leur représentation, de plus en plus concrète et visuelle, au travers de la réalité augmentée, grâce au masque HoloLens.

Dans l'idéal de Microsoft, lorsqu'un ouvrier ou un ingénieur travaille avec ce masque sur le nez, il voit devant ses yeux un jumeau numérique, par exemple, d'une moto Kawasaki. Le HoloLens affiche des informations issues des bases de données dans le cloud de l'entreprise, aide à faire des simulations et même à collaborer à plusieurs sur un projet à distance… dans le métavers. Afficher des informations contextuelles puis faire une visioconférence avec ses collègues, tout cela ne semble peut-être pas si nouveau. Mais pour Jessica Hawk, vice-présidente de la réalité mixte de Microsoft, interrogée récemment par CNBC, ce métavers industriel « est un avant-goût de ce que la technologie peut faire avant qu'elle ne soit totalement immersive dans le futur ».

Qui a déjà testé le masque HoloLens sait qu'il ne plonge pas vraiment son utilisateur dans un monde augmenté. Le champ de vision est réduit, l'image n'est pas très convaincante, et le tout ne se manipule pas de façon très fluide. A ce stade, il faut abandonner l'image, façonnée par la science-fiction, qu'on peut se faire d'un métavers. Mais ce sont des bases.

Si Microsoft construit son métavers pour entreprises à partir d'offres existantes, il pourrait faire de même pour le grand public. Un coup d'oeil à son portefeuille - Xbox, Minecraft, Activision Blizzard - dessine en creux le potentiel du géant de Redmond pour un autre type de monde virtuel. Et entre l'industrie et le jeu vidéo, il ne faut pas oublier LinkedIn, Teams et Mesh, d'autres actifs de Microsoft qui pourraient donner, cette fois, un métavers professionnel ? Son PDG, Satya Nadella, l'a déjà dit : il entrevoit plusieurs métavers.

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