• Thierry Bardy

Réconcilier bien commun et performance économique



Bris Rocher


Ce débat fait date et semble insolvable : comment oeuvrer pour le bien commun tout en garantissant la performance économique ? C'est clairement de la responsabilité du management. A partir du moment où l'ensemble des parties prenantes sont alignées, et notamment les investisseurs (ce qui est le cas depuis peu), alors le management se doit d'effectuer cette réconciliation, au même titre qu'il doit prendre le virage du numérique nécessitant des investissements qui vont impacter la performance économique à court terme.

Qui peut aujourd'hui nier qu'une entreprise doit se transformer pour survivre, surtout à l'ère numérique. Le raisonnement est le même sur la réconciliation de la performance économique et du bien commun. Dans ce vaste remaniement économique et social auquel nous assistons, l'entreprise à un rôle majeur à jouer, notamment à l'ère numérique.

Souvent on nous dit : « Mais vous parlez de raison d'être, de RSE, d'entreprise à mission et vous avez en face de vous une transformation à mettre en oeuvre et probablement des décisions importantes à prendre en termes de restructuration et de réorganisation de l'entreprise. Comment faites-vous pour réconcilier tout ça ? »

Pour moi, il n'y a pas d'opposition entre les deux. Il faut assumer cette transformation, mais pour cela un chef d'entreprise se doit d'anticiper. La réalité, c'est que nous avons souffert globalement de manque d'anticipation dans nos systèmes économiques et sociaux.

Gardons seulement en tête que l'entreprise est utile à la société. Les entreprises n'ont, certes, pas vocation à se substituer au politique mais, en l'absence de gouvernance mondiale sur les grands enjeux de la société (environnement, santé, citoyenneté…), elles peuvent répondre plus efficacement et peut-être plus vite aux défis qui s'offrent à nous.

Les individus considèrent donc que les entreprises peuvent faire davantage que les gouvernements pour régler les problèmes de la société. En cela, les dirigeants doivent commencer le changement plutôt que d'attendre les décisions des institutions qui nous gouvernent.

L'entreprise est probablement le meilleur outil que nous ayons à disposition pour répondre aux grands enjeux de la société. En effet, si elles sont partiellement responsables, les entreprises sont aussi en mesure de franchir les obstacles qui se dressent devant nous. En changeant leur pratique et leur offre de produits ou de services évidemment, mais aussi en se transformant pour aller vers des modèles d'affaires plus vertueux.

J'entends la difficulté de fournir sur le marché des produits écoresponsables tout en respectant le pouvoir d'achat du consommateur, mais ce n'est en rien une fatalité. Il est possible de réconcilier performance économique et prise en compte du bien commun. Les exemples ne manquent pas. Si vous ne le faites pas, une autre entreprise s'en chargera et vous perdrez vos clients.

9 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

Sylvain Duranton A part dans le secteur automobile avec Tesla, le monde réel attend toujours les innovations de rupture, dans l'habillement, l'éducation, l'habitat ou la santé… Les métavers - derniers

R. G. François Pannecoucke dirige une agence physique à Bully-les-Mines, dans le nord de la France. Mais il vient aussi d'en ouvrir une virtuelle dans le métavers. François Pannecoucke est un pionnier