• Thierry Bardy

Zoom baisse ses prévisions de croissance sur fond de retour du travail en présentiel



L'application star des confinements table sur une croissance de ses revenus plus faible que prévu au troisièmetrimestre et pour l'ensemble de l'année. Le service de visioconférence est pénalisé par le retour des salariés au bureau, la concurrence de Teams et le contexte macroéconomique.

Deux ans et demi après les premiers confinements, l'atterrissage est violent pour Zoom. L'application star des « lockdowns », lorsqu'elle servait aussi bien à faire du yoga à distance qu'à télétravailler, a publié cette semaine des résultats décevants qui montrent que sa transition vers une plateforme de visioconférence payante pour les entreprises est loin d'être terminée. En Bourse, l'action a chuté de 17 % mardi soir à la clôture à New York, sa plus forte baisse en un jour depuis un an.

Depuis son pic historique fin 2020, l'action a même perdu 85 % de sa valeur, passant sous la barre des 100 dollars… Et pour cause, l'entreprise de San José, en Californie, fait face à un net ralentissement. Entre mai et juillet, ses revenus ont progressé de 8 %, à un peu plus de 1 milliard de dollars. Soit la plus faible croissance jamais enregistrée par le groupe. La période des taux de croissance à trois chiffres enregistrés en 2020, ou même les 55 % de 2021 - voire les 12 % au premier trimestre 2022 -, semblent bien loin.

Car entre-temps, le contexte a radicalement changé. Le retour au bureau des salariés, l'appréciation du dollar, la concurrence de Teams (le service rival de Microsoft) et, plus globalement l'environnement macroéconomique compliqué, pénalisent la plateforme. Zoom a donc dû baisser ses prévisions : le chiffre d'affaires devrait atteindre 1,1 milliard au troisième trimestre, soit moins que le consensus des analystes.

Sur l'ensemble de l'année, Zoom table sur 4,4 milliards, là aussi en dessous des 4,55 milliards initialement prévus. La différence s'explique surtout par l'environnement macroéconomique (115 millions de dollars). « Nous restons concentrés sur la discipline opérationnelle », a assuré la directrice financière, Kelly Steckelberg.

Pour s'inscrire dans un monde post-Covid, Zoom tente pourtant depuis plusieurs mois de pivoter vers les entreprises, petites et grandes. Objectif : vendre des services payants à plus forte valeur ajoutée, l'utilisation gratuite de Zoom étant limitée à 40 minutes. Dans ce domaine, Zoom n'a pas démérité : la plateforme compte désormais plus de 200.000 clients entreprises, un chiffre en hausse de 18 % - mais, malgré tout, en deçà de la performance au premier trimestre (+24 %).

Assister secrètement à un appel

Dans tous les cas, Zoom est encore très loin de Teams, le produit de Microsoft qui totalisait en début d'année 270 millions d'utilisateurs actifs. En plus de la force de frappe marketing de Microsoft, la force de Teams est qu'il est connecté avec les autres produits du géant américain, comme le service mail Outlook - ce qui n'est pas le cas de Zoom. Suivant cette même logique, Zoom ajoute lui aussi des fonctionnalités. Le groupe a par exemple lancé Zoom Phone, un service de téléphonie sur le cloud qui permet de passer des appels, avec des services inédits : enregistrement des appels, possibilité d'assister secrètement à un appel (par exemple pour un assistant de direction chargé de prendre des notes pour son patron), intégration dans Slack, etc.

Début 2022, le groupe avait également lancé une solution pour les centres de contact (call centers) comprenant, en plus de la voix traditionnelle, la vidéo, les SMS et un webchat. Ces produits rencontrent un certain succès sur le marché. « Zoom Phone a enregistré des résultats qui feront date, avec un nombre record de licences vendues sur le trimestre », s'est félicité Eric Yuan, le PDG du groupe.

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