2021 - ATELIER 4

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La sobriété numérique, un concept en trompe-l'oeil

 

Godefroy de Bentzmann
 

Depuis quelques mois, la question de l'impact environnemental du numérique figure à l'agenda politique et législatif. Le gouvernement a publié l'automne dernier sa feuille de route pour faire converger transitions numériques et écologiques. Puis le Sénat a adopté, le 12 janvier dernier, une proposition de loi visant à réduire l'empreinte environnementale du numérique. Dernière étape en date : le projet de loi contre le dérèglement climatique, qui s'inspire des travaux de la Convention citoyenne pour le climat.

Toutes ces initiatives reposent à des degrés divers sur la promotion d'une sobriété numérique. Le chiffre de 3,7 % des émissions de gaz à effet de serre est avancé, niveau qui pourrait atteindre 7 % des émissions d'ici à 2040 si rien ne change. L'actualité législative nous donne l'occasion de remettre les choses en perspective pour ne pas tomber dans le piège d'un manichéisme opposant numérique et écologie.

Premier constat : la croissance va reposer de plus en plus sur la numérisation de l'économie. Services dématérialisés, e-commerce, nouveaux usages, le numérique cumule innovation de produit (le smartphone, les data centers), de procédé (digitalisation de l'expérience client) et organisationnelle (télétravail) propres aux révolutions industrielles. Tenter de limiter ou de réduire ce processus est illusoire. Imaginer se passer du numérique, ou même l'enfermer dans des quotas, serait comparable à tenter de priver le monde d'électricité comme dans « Ravage », le célèbre roman de René Barjavel. Nous sommes a contrario pleinement conscients de l'enjeu environnemental et climatique global. Notre secteur, comme les autres, se doit de réduire ses externalités négatives. Mais de quoi parle-t-on exactement ? L'empreinte environnementale du numérique est encore mal connue du fait de l'absence de méthodologie de calcul communément partagée. Sa définition est le tout premier enjeu.

Deuxième enjeu : pouvoir développer des services technologiques bas carbone et durables grâce notamment à la conception d'infrastructures moins consommatrices d'énergie et des composants plus durables. Troisième enjeu : la sensibilisation de l'utilisateur qui doit mobiliser l'école, l'enseignement supérieur et l'entreprise, tant l'adjectif dématérialisé rime encore trop avec illimité… Face à cette problématique, nous nous mobilisons fortement. De nombreuses initiatives ont été développées en ce qui concerne les objectifs de neutralité carbone d'ici à 2030. Grâce aux nouvelles technologies, à l'IA et l'informatique quantique, nous serons ainsi en mesure de développer des schémas de modélisation de l'empreinte environnementale. Car il s'agit de ne pas condamner l'innovation sous prétexte de sobriété.

Sachant que tous ces enjeux vont bien au-delà du secteur numérique proprement dit. L'initiative Planet Tech'Care l'illustre parfaitement. Cette plateforme, soutenue par le ministère de la Transition écologique et le secrétariat d'Etat chargé du Numérique, rassemble près de 300 signataires - entreprises de tous secteurs, acteurs de la formation, acteurs publics - qui veulent réduire leur empreinte environnementale. En signant le manifeste, tous s'engagent à la mesurer pour réduire l'impact négatif de leurs produits et services numériques.

En sens inverse, il faut bien avoir en tête que le numérique a un impact positif sur l'environnement même si ces externalités positives n'ont pas encore été précisément mesurées. Via l'exploitation des data, il assure le suivi précis de l'utilisation des ressources naturelles, notamment agricoles. Utiliser des objets connectés dans les villes permet de maîtriser davantage la consommation énergétique. La réduction de la mobilité que permet le télétravail est en soi une sobriété énergétique. Il faut donc raisonner en termes de solde.

La réduction de notre empreinte écologique n'est qu'un des aspects d'un problème plus global tant le numérique peut optimiser la conception des politiques écologiques et l'innovation numérique servir aussi à l'écologie. Ce n'est pas tant de sobriété numérique que d'un numérique responsable dont nous avons tous collectivement besoin.

Diversidays va accompagner 10.000 chômeurs vers le numérique

 

L'association reçoit le soutien de la fondation Google à hauteur de 420.000 euros. Elle va mettre en place un programme avec le concours de Pôle emploi dans sept régions en France.

L'éloignement de certaines populations de la tech n'est pas une fatalité. En revanche, si rien n'est fait, les inégalités risquent de se creuser encore entre les personnes issues de milieux sociaux opposés, ou entre celles vivant en centres urbains et les populations des quartiers prioritaires et des zones dépeuplées. C'est pour infléchir cette tendance que Diversidays a été créée il y a trois ans. Et son action vient de recevoir un sérieux coup de pouce puisqu'à travers un partenariat avec Pôle emploi, l'association va pouvoir accompagner 10.000 demandeurs d'emploi dans leur orientation ou reconversion professionnelle.

« Il y avait 80.000 postes non pourvus dans les métiers de la tech entre 2018 et 2019, relève Anthony Babkine, cofondateur de Diversidays avec Mounira Hamdi. Nous oeuvrons pour l'égalité des chances depuis 2017 et si l'on ne fait rien, le fossé des inégalités va encore plus se creuser. » L'accompagnement mis en place comprend une formation de cycle court de deux à trois semaines qui a démarré lundi 29 mars par « un choc d'inspiration », à Lyon. Viendront ensuite des aides plus spécifiques sur la manière de mettre en avant les compétences des personnes en quête d'un emploi, ainsi que des cours d'autoapprentissage pour les renforcer.

Test concluant en Occitanie

Plusieurs partenaires accompagnent financièrement le projet, dont l'organisation philanthropique de Google qui injecte 420.000 euros pour les deux ans à venir. Dans un test grandeur nature qui a eu lieu en région Occitanie, Diversidays a réussi à accompagner 550 personnes dont 71 ont retrouvé le chemin de l'emploi. Cette fois, c'est dans sept régions que l'initiative est déployée (Ile-de-France ; Bourgogne-Franche-Comté ; Rhône-Alpes ; Grand Est ; Nouvelle-Aquitaine ; Occitanie ; Hauts-de-France).

C'est un nouveau cap franchi pour l'association qui bénéficie du soutien de 200 intervenants bénévoles tout au long de l'année, et s'appuie sur trois salariés et un pool d'indépendants. Pour rapprocher les populations exclues de la dynamique French Tech, Diversidays veut aussi inciter ses fleurons à adopter les bonnes pratiques, détaille Anthony Babkine : « 80 % des start-up françaises n'ont pas de stratégie diversité et cela contribue à créer des inégalités en termes d'opportunités qu'il faut réduire. » Mais pour donner toute sa chance à cette nouvelle initiative, il faudra que les barrières sanitaires se lèvent à nouveau car, « nous faisons un métier de proximité, glisse le dirigeant. Sans contact, il y a moins de chance de donner confiance et d'accompagner correctement ».

 

À noter

Une étude menée par Diversidays et Linkedin a démontré qu'il y avait 1,4 fois moins de recherches d'emploi dans le numérique en quartiers prioritaires de la ville qu'ailleurs en France.

 

LA NUMÉRISATION ACCÉLÉRÉE POURRAIT DOPER LA PRODUCTIVITÉ ET LA CROISSANCE

RICHARD HIAULT

La numérisation et l'automatisation des entreprises pourraient générer un nouvel âge d'or pour l'économie mondiale, selon McKinsey Global Institute. Encore faut-il que cette tendance ne soit pas réservée aux seules entreprises superstars.

Le monde pourrait être à la veille d'une période de forte croissance de la productivité, de la demande et de l'offre. C'est l'un des quatre scénarios défendu dans un rapport publié ce mercredi par Mc Kinsey Global Institute. Cet âge d'or serait comparable à ce que l'on a connu pendant les « Trente glorieuses ». Encore faut-il que l'ensemble des entreprises fasse les bons choix. « Dans les faits, la crise pandémique agit comme un accélérateur d'une transition numérique déjà à l'oeuvre avant l'apparition du Covid-19 », observe Eric Hazan, directeur associé senior de McKinsey & Company.

Le Covid comme accélérateur

En clair, les investissements dans les équipements numériques et l'automatisation des taches qui étaient prévus pour les 7 à 8 prochaines années vont se réaliser bien plus rapidement en raison du choc sanitaire. Les entreprises ont numérisé leurs activités entre 20 et 25 fois plus rapidement que ce qui était prévu. Un détaillant européen a atteint en moyenne en huit semaines les taux de croissance pré-pandémiques de trois ans en matière de commerce électronique, relève le rapport.

Mais cette tendance à la numérisation se doit d'être généralisée à l'ensemble des entreprises et non aux seules « superstars ». « Ces dernières totalisaient les deux tiers des investissements en recherche et développement pendant la pandémie », observe Eric Hazan. « La majorité des actions d'entreprises se sont jusqu'à présent concentrées sur les grandes entreprises 'superstars' et sur le rendement plutôt que sur la croissance. Il y a un risque d'augmentation des inégalités et du chômage, ce qui pourrait saper la demande au moment où elle est le plus indispensable », explique dans un communiqué Jonathan Woetzel, directeur au McKinsey Global Institute.

Avant la crise, la consommation et l'investissement étaient structurellement faibles. Si la stratégie des entreprises consiste à se concentrer sur l'efficacité et le rendement et non sur la production, la consommation et l'investissement pourraient s'affaiblir davantage. Les pressions sur l'emploi et les revenus pourraient alors freiner la consommation, puis, en raison de l'incertitude ambiante, pourraient freiner l'investissement. La croissance de la productivité pourrait alors rester faible si la plupart des entreprises n'investissent pas.

« Si l'on veut connaître un âge d'or de la croissance, il importe que tous les acteurs participent à la numérisation et l'automatisation. Et pour ce faire, il est vital d'investir massivement et le plus rapidement possible dans la montée en compétences des collaborateurs », souligne Eric Hazan. « Si dans les années 1950 à 1970, les compétences cognitives de base permettaient de trouver un emploi, ce ne sera plus le cas à l'avenir. Des compétences techniques, technologiques, sociales et émotionnelles seront nécessaires », prédit-il.

« En soutenant leurs chaînes d'approvisionnement, en mettant l'accent sur la croissance des revenus plutôt que sur la seule recherche de rendement, et en investissant dans la durabilité ainsi que dans la requalification des travailleurs, elles peuvent atténuer le risque d'une insuffisance de la demande », explique encore Jonathan Woetzel.

La productivité pourrait gagner un point annuel d'ici à 2024, avec un potentiel de doublement de la croissance par rapport à la décennie précédente, si davantage d'entreprises et de secteurs investissent et si la demande est robuste. Selon l'enquête réalisée par McKinsey en décembre dernier, 75 % des personnes interrogées prévoyaient une accélération des investissements dans les nouvelles technologies entre 2020 et 2024, contre environ 55 pour cent qui ont augmenté ces investissements entre 2014 et 2019.

Le potentiel le plus important, à environ deux points de pourcentage, pourrait être dans les soins de santé (comme la diffusion de la télémédecine), la construction (par exemple, l'adoption accélérée de méthodes numériques et industrialisées), les technologies de l'Information et de la communication et le commerce de détail (croissance de l'e-commerce).

DÉFINIR SA RAISON D’ÊTRE : GARE A L'EFFET BOOMERANG

Sophie Bellon

A l'évidence, la raison d'être est dans l'air du temps. La loi Pacte - qui depuis mai dernier invite ou incite sans les y obliger les entreprises à l'inscrire dans leurs statuts - n'était pas encore promulguée que déjà plusieurs grands groupes rendaient publique leur démarche destinée à expliciter leurs objectifs d'intérêt général. Depuis, nombre de dirigeants ont partagé leur formule prospective pour une entreprise plus humaine, plus inclusive, plus durable.

Saluons l'engagement des acteurs économiques. Au coeur d'un écosystème ouvert, les entreprises affichent leur intention de prendre leur part dans la résolution des défis écologiques, sociaux et environnementaux. Et leurs prises de position répondent d'ailleurs aux attentes pressantes de l'ensemble des parties prenantes pour qu'enfin progrès économique rime avec progrès social. Le temps est à la raison d'être, et il faut s'en réjouir. Mais que penser de cet engouement, né à la faveur d'une loi ? Attendions-nous donc l'invitation du législateur pour nous parer de vertus ? Venons-nous de nous réveiller en sursaut ? Chez Sodexo, nous avons choisi de ne pas inscrire la raison d'être à l'ordre du jour de notre assemblée générale qui se tient ce mardi. Nous y viendrons sûrement : l'exercice a beaucoup de sens. Mais il exige du temps, et nous avons choisi de résister au diktat de la vitesse et de l'instantanéité.

La précipitation pourrait, d'ailleurs, comporter des risques. L'avenir le dira. Assurément, si elle est conduite à la hâte, dans une logique opportuniste ou pire, d'instrumentalisation, sans être suivie d'engagements concrets et mesurables, la démarche pourrait avoir un effet boomerang. Imaginez des dirigeants sanctionnés par leurs parties prenantes parce que les engagements pris resteraient lettre morte ; voire contraints de faire machine arrière.Aujourd'hui, ni l'opinion, ni les salariés, ni les consommateurs, ni même les investisseurs, ne sont dupes.Le « purpose washing » menace aujourd'hui les entreprises, comme le « greenwashing » les a parfois sapées dans les années 2000. En ces temps de célébration des promesses, je ne joue pas les Cassandre. Seulement, les promesses, il faudra les tenir.

La question de la raison d'être relève quasiment de l'existentiel. Aborder cet espace « sacré » requiert d'y consacrer du temps, dans une démarche à pas feutrés. D'engager une vraie coconstruction au sein de l'écosystème pour penser, donc peser l'identité de l'entreprise, questionner le sens de son action, mettre en mots sa singularité, traduire son ADN forcément unique, écrire son récit collectif porteur de sens dans la durée. De prendre le temps du recul, pour mobiliser ensuite toute l'entreprise dans une dynamique de progrès sur ces sujets où les obligations de moyens réels priment sur les promesses de résultats, par nature incertains. Bref, d'entreprendre une course de fond plutôt que de courir un sprint.

Loin d'ouvrir un nouveau chapitre dans son histoire, la raison d'être traduit pour moi la vocation de l'entreprise. A sa création en 1966, Pierre Bellon, fondateur visionnaire, a doté Sodexo d'une double mission inspirée par ses convictions et son histoire personnelle : améliorer la qualité de vie des collaborateurs et des personnes que nous servons tout en contribuant au développement économique, social et environnemental des territoires et pays où l'entreprise est présente. N'est-ce pas cette vision authentique, traduite en actes depuis cinquante-quatre ans à travers notamment notre triple rôle d'insertion sociale, de cohésion sociale et de mobilité sociale, qui explique en partie notre classement en tête du réputé Dow Jones Sustainability Index pour la 15e année de suite ?

Chaque jour, nous travaillons à la mise en cohérence, en actes et en mesure de toutes nos activités, du choix de nos partenaires, de nos fournisseurs, de l'engagement de nos 470.000 collaborateurs dans 67 pays. Cet exercice quotidien, au sein de notre groupe multilocal, multisites, multimarchés, multiculturel, est un immense défi qui exige une détermination dans la durée, une humilité sans cesse renouvelée : il faut vouloir progresser à tout prix et sans cesse.

Finalement, je vois dans une raison d'être forgée et éprouvée dans le temps la garantie de la pérennité de l'entreprise, y compris économique. Et seul le long terme peut rassembler toutes les parties prenantes, sans lesquelles une entreprise n'est rien.

INVENTONS L'ENTREPRISE DONT NOTRE SOCIÉTÉ A BESOIN

Collectif de dirigeants

Il existe aujourd'hui un consensus autour de l'enjeu d'inventer un nouveau capitalisme, capable de répondre aux défis du XXIe siècle. Le gouvernement français a fait une part du travail, notamment par le biais de la loi Pacte, et appelait récemment, à l'occasion du dévoiement du French Tech 120, nos entreprises à s'engager.

Nous, entreprises du French Tech Next40 (liste annuelle des 40 futurs champions français de la tech), voulons d'ores et déjà prendre le relais. La suite de l'histoire doit permettre d'écrire le changement nécessaire à faire bouger les lignes, en profondeur, au coeur du système. La suite de l'histoire nous appartient, à nous, les entreprises. Etre des entreprises de la French Tech Next40 nous fédère et nous oblige. Ce leadership, reconnu par l'Etat, nous devons l'assumer et surtout en profiter pour faire le choix de l'ambition, celui d'aller plus loin que là où nous sommes attendus.

Nous, entreprises de la French Tech Next40, créons notre coalition dont l'objectif est d'inventer ensemble l'entreprise dont notre société a besoin : celle capable de combiner performance financière et impact positif pour la société. Notre idée commune est que ce n'est pas parce que nos entreprises sont en hypercroissance que nous devons mettre notre impact au second plan. Bien au contraire, parce que nous grandissons vite, notre impact doit être mis au coeur de notre développement.

Enfin, nous sommes tous engagés, chacun avec nos spécificités, de façon concrète pour contribuer positivement à l'amélioration de notre société via nos activités.

Notre légitimité repose sur notre genèse commune. A l'origine de nos aventures entrepreneuriales, il y a l'ambition de répondre à un problème de société en s'appuyant sur les potentialités offertes par la technologie. Lutter contre les dérives du tourisme de masse, sortir du gaspillage technologique, faciliter l'accès à une mobilité durable, penser le futur de l'alimentation, rendre l'éducation accessible, aider à l'orientation de la nouvelle génération, accélérer la collaboration à distance, démocratiser les données au sein de l'entreprise ou mettre fin à l'opacité de services financiers, pour citer quelques exemples.

Nous obtenons des résultats significatifs grâce aux nouveaux comportements des consommateurs citoyens. Mais nous pensons que nous n'y arriverons pas seuls. C'est pourquoi, nous appelons les entreprises du CAC 40 à avancer avec nous. Nous sommes convaincus que nous partageons une même vision sur l'intérêt de l'innovation technologique et culturelle pour relever les défis de notre société. Il nous faut agir de concert.

Il nous apparaît donc essentiel de nous rencontrer début 2020, en lien avec le programme porté par la French Tech, car nous pensons être en mesure de partager notre courte mais riche expérience autour de trois thématiques cruciales avec les entreprises du CAC 40. Sur la manière dont la technologie impacte toutes les parties prenantes de l'entreprise, sur la capacité ensuite à développer des cultures d'entreprises fortes, avec des collaborateurs engagés sur une mission claire et un but commun ; enfin, sur la réappropriation d'une culture du risque afin de libérer les potentiels d'innovation et de gagner en agilité.

Parce qu'il est temps de casser les codes mais aussi les idées reçues, nous avons la volonté d'avancer et de progresser ensemble, pour le bien du plus grand nombre. Avec la conviction qu'il nous faut croiser la puissance et l'expérience à l'audace et au regard neuf.