2022 - Séance  2

Les réalités du Métavers et le rôle de la blockchain dans la virtualisation du monde
 

Deux intervenants pour nous aider à y voir plus clair :








 

 

 

 


Alvaro Lamarche Toloza, co-fondateur de Virtuals, nous donnera une vision claire et structurée du Métavers et des enjeux de sa réalisation.

En s'intéressant aux technologies qui le rendent possible et à des cas d'usage réels dans le domaine des avatars et humains virtuels,
il nous offrira une approche concrète du Métavers, débarrassée des fantasmes de cette nouvelle ruée vers l'or.

 

 

 

 

 

 

 


Alexandre Stachtchenko, Directeur Blockchain & Cryptos chez KPMG France, reviendra sur les origines de la blockchain
et son usage dans les NFT et le Web 3.0. Il partagera sa vision future des mondes virtuels, en s’appuyant sur son expérience du monde des crypto-monnaies : économie, gouvernance, acteurs.
Il pourra aussi nous apporter des informations clé sur l’évolution des technologies blockchain, notamment sur le volet environnemental.
 

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 Le compte rendu des interventions..
 

Le Métavers (Alvaro Lamarche Toloza)

 

Le développement du Métavers ressemble à la ruée vers l’or qui a bouleversé l’histoire de la Californie au milieu du XIX° siècle : il y a de l’or (ou, pour le moins, on suppose qu’il y en a) et c’est la loi de la jungle. Mais rappelons-nous : ceux qui ont fait fortune, ce ne sont pas les chercheurs d’or mais bien plus sûrement les fournisseurs de matériel et d’infrastructures.

 

Le Métavers peut être défini comme un réseau d’espaces virtuels en 3D, interconnectés, interopérables, immersifs et persistants. Si l’on s’en tient à cette définition, le Métavers n’existe pas (encore) : les proto-Métavers qui sont visibles aujourd’hui ne sont pas interconnectés, ne sont pas interopérables, ne sont ni immersifs ni persistants. Ce sont au mieux des réseaux spatialisés d’expériences virtuelles.

 

Peut-on s’attendre au développement d’un mouvement open source dans le Métavers ou à l’émergence d’une normalisation voire d’une standardisation des technologies et du traitement des données, pour échapper au cloisonnement des univers actuellement bâtis par les grands acteurs du secteur ?. La question reste largement ouverte.

 

Les quatre piliers du métavers :

La 3D est au cœur du Métavers, c’est l’élément clef de la spatialisation du Web

La XR (extended reality = VR + AR + MR) est le vecteur d’immersion

L’Intelligence artificielle est indispensable pour produire à grande échelle les contenus nécessaires au peuplement du Métavers

La nouvelle économie du Métavers, façonnée par le Web 3, repose sur la blockchain et les NFTs, ces derniers recréant de la rareté et donc de la valeur dans les univers virtuels.

 

Les risques associés au développement du Métavers sont multiples

  • Risque de fracture numérique et de fossé générationnel : qui seront les utilisateurs du Métavers, ce dernier risque-t-il de concerner essentiellement le public aisé des pays développés (coût du matériel, du soft…) et les nouvelles générations (gen z & alpha) ?

  • Risque d’absence de modération : la difficulté que l’on rencontre pour modérer le Web 2.0 sera décuplée pour le Métavers (contenus non textuels et immersifs)

  • Risque de renforcer les bulles de filtre déjà constitutives du Web 2.0 (l’accès aux données sera démultiplié ce qui entraînera une fragmentation encore plus forte de l’audience)

  • Risque de bulle financière : le Métavers est fortement soutenu par les sociétés de capital-risque.

 

Quelles que soient les évolutions à venir, il serait prudent de ne pas avoir trop d’attentes en ce qui concerne le Métavers. Malgré son côté apparemment ludique, on pourra également fortement s’y ennuyer. Pour rester optimiste, nous emprunterons à George Bernard Shaw ce qu’il disait à propos du théâtre : « c’est l’endroit du monde où je m’ennuie le plus, mais c’est aussi l’endroit du monde où j’aime le plus à m’ennuyer »

 

La crypto (Alexandre Stachtchenko)

En 2008, en pleine crise économique, un anonyme se nommant Satoshi Nakamoto publie un document d’une vingtaine de pages sur Internet, expliquant son projet de création d’une monnaie virtuelle et décentralisée. « J’ai essayé de travailler sur un système de paiement complètement pair-à-pair, en supprimant tout intermédiaire ou ‘’tiers de confiance’’, la double dépense est rendue impossible au sein d’un réseau pair à pair avec validation ». La blockchain Bitcoin était née.

Le phénomène a pris de l’importance et est aujourd’hui bien davantage qu’un marché de niche. En outre, la blockchain Bitcoin n’est plus la seule en course, la blockchain Ethereum est aujourd’hui considérée comme la plus prometteuse. Pour ne prendre que deux exemples, il y a aujourd’hui 300 millions d’utilisateurs de crypto dans le monde et la valeur des transactions traitées par le Bitcoin est supérieure à celles traitées par le réseau Visa.

Quel problème cette technologie permet-elle de résoudre ? La numérisation a engendré un problème de création de valeur : on peut copier à l’infini sans perte de qualité et créer ainsi un phénomène de surabondance destructeur de valeur. La blockchain, d’abord appliquée à la crypto monnaie (le bitcoin) a permis de recréer de la rareté et donc de la valeur.

La “tokenisation”, apparue en 2013, est un procédé permettant la représentation numérique d’un actif, numérique ou non, sur une blockchain. Cet actif prend immédiatement les caractéristiques d’un cryptoactif : liquide, transférable, mondial. Il existe deux catégories : les jetons « fongibles » sont des actifs interchangeables (comme les « Stablecoins ») alors que les jetons « non fongibles » (les NFTs) sont uniques, à l’image des cartes de collection.

  • La « tokenisation » de la monnaie (avec les « Stablecoins ») se développe massivement : elle engage des acteurs comme Visa ou Mastercard et représente en 2021 un volume de transactions de 141 milliards de dollars.

  • Les NFTs sont à l’origine du renouveau de la propriété dans l’univers digital (concept de « digital ownership »)..

  • La « tokenisation » pourrait-elle constituer une solution pour faire passer l’économie du troc à l’échelle ?

 

La question énergétique soulevé par l’utilisation massive des technologies blockchain

Un sujet récurrent dans les médias : l’impact environnemental de la blockchain serait désastreux. Pourtant, Bitcoin consommerait aujourd’hui environ 0,26% de la production d’électricité mondiale (100 TWh) et la part de renouvelables dans son mix énergétique est estimée entre 40% et 75%.

Parmi les facteurs favorables à une certaine « vertu environnementale », le fait que les « mineurs » (ceux qui créent les bitcoins) utilisent largement les déchets gaziers issus de l’industrie des hydrocarbures, habituellement brûlés faute de débouché, ou les surplus produits par diverses sources d’énergie et non utilisés.

Par ailleurs, la vision de la soutenabilité de la crypto dépend bien évidemment de son utilité perçue par la société. Cependant, le contexte actuel de tensions géopolitiques et les enjeux liés au changement climatique ne peuvent pas dédouaner les technologies présentées ici (blockchain, XR, IA…) d’un effort pour réduire leur consommation d’énergie.

 

Autre élément qui pose question : la « tokenisation » signifie le retour de la propriété dans les mondes virtuels et se situe à contre-courant des tendances apparues depuis une vingtaine d’années et qui donnaient une primauté à l’usage. Le règne de la marchandisation va-t-il connaître un nouvel essor ?

 

Les questions restées en suspens

  • Le Métavers et la crypto vont-ils se substituer ou s’ajouter à l’existant ?

  • Peut-on imaginer un Métavers ?

  • Peut-on faire société dans le virtuel ?

  • Le Métavers est-il une échappatoire pour les nouvelles générations (fuir la vision d’un monde qui s’effondre) ? Ou bien un monde dans lequel des supers-pouvoirs vont renforcer nos capacités d’agir en imbriquant réel-virtuel ?

  • Comment aborder la question des données personnelles dans ce nouveau contexte, les évolutions des réglementations européennes seront-elles en mesure de protéger les individus dans le Métavers ?

  • Quels sont les effets possibles sur la santé : ultra sédentarité et surcharge cognitive ?

  • Quels seront les nouveaux modèles économiques et les nouvelles modalités de travail de l’économie virtuelle (par exemple : Play2earn) ?

  • Quels seront les nouveaux acteurs de cette économie, quels risques de désintermédiation et de glissement de la valeur ?

 

La suite lors des prochains épisodes du Club Open Prospective.

Ce compte-rendu a été produit à partir des interventions d’Alvaro Lamarche-Toloza et d’Alexandre Sachtchenko ainsi que des remarques et questions issues des discussions de groupe

Comme cela se passe au niveau européen dans le domaine de l’intelligence artificielle. Voir à ce sujet : https://www.bmwi.de/Redaktion/FR/Pressemitteilungen/2020/12/20201214-normalisation-et-standardisation-europeenne-et-internationale-pour-des-applications-ia-acceptees-et-sures.html

 

Le phénomène est bien expliqué dans l’article des ECHOS publié le 16 mars : « Le Texas, nouvel eldorado des mineurs de bitcoins »

Voir à ce sujet : J. Rifkin, L’Age de l’accès, Editions La Découverte, 2005

Voir à ce sujet : https://www.mediapart.fr/journal/economie/081221/marchandisation-du-virtuel-la-fuite-en-avant-du-systeme-economique

Tout comprendre sur le métavers en 13 minutes !  

Pour aller plus loin...

 

Métavers, le futur s'écrit maintenant

De nombreux experts considèrent le Métavers comme la prochaine itération d'Internet, rendue possible par les technologies de réalité virtuelle et de réalité augmentée expliquent Thibault Ducray et Sami Khalfaoui, de Talan Labs.
Article de zdnet
 

Métavers, le futur s'écrit maintenant (ampproject.org)

 

 

Can Facebook monopolize the metaverse ?

If this new alternate reality really is as powerful as announced, then whoever controls it, will become the tech giants of the future. Could this be Meta again? Very interesting article from the Vox that looks at how Meta is positioning itself for leading this new era, whilst also sparking anti-trust concern.
Can Facebook, now known as Meta, monopolize the metaverse? - Vox



Fake News ou good news , Prospective ou prévision météo
Gartner Predicts 25% of People Will Spend At Least One Hour Per Day in the Metaverse by 2026
 

Metaverse Hype to Transition into New Business Models that Extend Digital Business

By 2026, 25% of people will spend at least one hour a day in the metaverse for work, shopping, education, social and/or entertainment, according to Gartner, Inc. 

“Vendors are already building ways for users to replicate their lives in digital worlds,” said Marty Resnick, research vice president at Gartner. “From attending virtual classrooms to buying digital land and constructing virtual homes, these activities are currently being conducted in separate environments. Eventually, they will take place in a single environment – the metaverse – with multiple destinations across technologies and experiences.”

Gartner defines a metaverse as a collective virtual shared space, created by the convergence of virtually enhanced physical and digital reality. It is persistent, providing enhanced immersive experiences, as well as device independent and accessible through any type of device, from tablets to head-mounted displays. 

Because no single vendor will own the metaverse, Gartner expects it to have a virtual economy enabled by digital currencies and nonfungible tokens (NFTs). The metaverse will impact every business that consumers interact with every day.

It will also impact how work gets done. Enterprises will provide better engagement, collaboration and connection to their employees through immersive workspaces in virtual offices. Businesses will not need to create their own infrastructure to do so because the metaverse will provide the framework. In addition, virtual events that have gained popularity over the last 18 months will offer more collaborative and immersive networking opportunities and workshops. 

Enterprises will have the ability to expand and enhance their business models in unprecedented ways by moving from a digital business to a metaverse business,” said Resnick. “By 2026, 30% of the organizations in the world will have products and services ready for metaverse.”

The adoption of metaverse technologies is nascent and fragmented, and Gartner cautions organizations about investing heavily in a specific metaverse. “It is still too early to know which investments will be viable in the long term, but product managers should take the time to learn, explore and prepare for a metaverse in order to position themselves competitively,” said Resnick. 

Gartner clients can read more in “Predicts 2022: 4 Technology Bets for Building the Digital Future” and "Quick Answer: What is a Metaverse."

More information will be discussed in the complimentary Gartner webinar “Immediate and Future Metaverse Opportunities for Product Leaders.”  Learn which emerging technologies can help generate ROI in the Gartner Emerging Technologies Roadmap

About Gartner for Information Technology Executives

Gartner for Information Technology Executives provides actionable, objective insight to CIOs and IT leaders to help them drive their organizations through digital transformation and lead business growth. Additional information is available at www.gartner.com/en/information-technology.

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Fred Volhuer (Atlas V) : "Le Web spatialisé remplacera nos écrans"


Publié par Clément Fages le 17 févr. 2022 -

 

La VR pour Meta (ex-Facebook) ou Microsoft, l'AR pour Google ou Snap, et la blockchain et le Web3 pour des acteurs comme The Sandbox... De son côté, le studio Atlas V se veut agnostique, et se voit en leader créatif du metaverse. Fred Volhuer, son co-fondateur, nous explique pourquoi la France a une carte à jouer dans ce nouveau marché.

De nombreuses entreprises, dont vous, se revendiquent des pionnières du metaverse. AR, VR, blockchain... Qui représente le mieux la notion de metaverse ?

C'est un nouveau monde, qui attire de nombreux acteurs. Tous ont une partie de la réponse. De notre côté, nous sommes des spécialistes en matière de création de contenus immersifs et interactifs. Quant à parler de metaverse... Aujourd'hui, ça ne reste qu'une idée, qui a considérablement gagné en notoriété depuis le rebranding de Facebook en Meta fin 2021. C'est l'idée que nous pourrons passer d'un environnement virtuel à un autre, pour communiquer, commercer, s'amuser... Une sorte de don d'ubiquité technologique dont nous sommes encore loin ! Pour autant, il ne faut pas distinguer les notions de réalité augmentée ou virtuelle. Pour nous, il n'y a pas de différence : il ne s'agit que de tromper nos sens grâce à une simulation technologique. Pour certains usages, nous n'aurons besoin que de l'AR, pour d'autres de la VR, et potentiellement, nous voudrions retrouver certains objets physiques dans toutes les applications de cette réalité virtuelle. Par exemple, nous voudrions que notre moi virtuel, notre avatar, porte les mêmes sneakers que celles que nous portons dans la réalité physique : c'est là que la blockchain et les NFT ont une utilité.

Ce serait comme de passer d'un appel classique à un appel en visio... Mais pour quels usages ?

C'est toute la question ! Chez Atlas V, nous sommes des spécialistes du storytelling et de la gamification. Je suis convaincu que le monde virtuel ne doit pas être une simple copie du monde réel. Ce serait très triste de simplement pouvoir travailler dans le metaverse, alors que c'est un monde dans lequel nous n'aurons aucune limite ! Il faut pouvoir surfer sur les anneaux de Saturne, ou visiter la Grotte Chauvet en compagnie des hommes préhistoriques qui l'ont décoré. Quitte à reproduire le réel, il faut que cela nous permette d'en dépasser les limites. En France, il y a une intensité de l'offre culturelle folle et nous avons l'occasion de réinventer la manière de la consommer. Avec Arte, nous venons par exemple d'organiser un concert live accessible en réalité virtuelle sur Horizon World, la plateforme de Meta, ex-Facebook. À l'avenir, il n'y a aucune raison que les concerts, les pièces de théâtres, les opéras ou les musées ne soient pas accessibles via le Web spatialisé, qui, j'en suis certain, remplacera à terme nos écrans.

Quels sont les enjeux de ce Web spatialisé ?

Cela fait déjà quatre ans que nous travaillons sur ces technologies disruptives, avec l'idée qu'accéder aux contenus numériques via un écran de plus en plus petit ne fait plus sens dès lors que la 5G et les lunettes de réalité augmentée ou virtuelle se seront démocratisées. Pour ce qui nous concerne, nous ne faisons pas de hardware, mais avons clairement un rôle à jouer dans la création des formats et des contenus qui vont susciter la curiosité des utilisateurs. Il faut définir les normes du Web spatialisé, au même titre qu'au début du cinéma sonore, les 24 images par secondes se sont imposées. C'est ce qui permettra l'interopérabilité qu'il manque encore entre les plateformes. Pour l'instant, le format FBX se développe, mais il est encore loin de faire consensus.

Atlas V est plus connu aux Etats-Unis qu'en France, pourtant, vous avez décidé de revenir vous installer dans l'Hexagone que vous qualifiez de "Silicon Valley des Metavers". Quels sont nos atouts ?

Tout d'abord, il y a cette offre culturelle dont je parlais tout à l'heure. Nous n'avons peut-être pas toutes les cartes en main en ce qui concerne les infrastructures, mais nous disposons de solides atouts en matière de créativité. L'enjeu est de réussir à retenir ces talents, que ce soit les ingénieurs, les développeurs, les designers ou les graphistes, avant qu'ils ne rejoignent la Silicon Valley ou Walt Disney ! Ces gens sont très souvent formés dans des écoles publiques, avec nos impôts... Nous sommes victimes de notre incapacité à proposer des jobs intéressants à ces personnes, et c'est ce que nous voulons changer. Ce n'est pas tant un problème de financements publics, puisque nous disposons de nombreuses aides à la création, que ce soit de la part de la BPI ou du CNC. Mais il manque peut-être un accompagnement plus poussé des investisseurs privés ou des grandes entreprises en early stage. On peut se féliciter de compter 25 ou bientôt 30 licornes. Mais cela reste encore trop peu par rapport à la taille de notre économie lorsque nous nous comparons avec le Royaume-Uni ou l'Allemagne.

Casino offre des bons d'achat et des réductions sur le métavers
 

 

Philippe Bertrand
 

Le distributeur a pris position sur The Sandbox. Les membres du Club Leader Price y trouveront un jeu conçu autour du thème de l'alimentation dont les récompenses pourront être utilisées dans le monde réel des magasins et de l'e-commerce.

Le métavers est un monde virtuel. Cela n'empêche pas les branches les plus concrètes des entreprises de s'y intéresser. C'est le cas de Casino qui attaque l'aventure du Web3 par le biais de sa filiale immobilière. Pour autant, le groupe de distribution ne s'est pas contenté d'acheter un terrain sur The Sandbox, l'un des principaux opérateurs du nouvel univers, comme son concurrent Carrefour. Il activera un premier dispositif en avril.

« Nous avons commencé à acheter des parcelles fin 2021, mais nous menons plusieurs projets dont le but est de proposer une expérience client, raconte Nicolas Joly, directeur général de Casino Immobilier. Nous sommes dans une démarche industrielle. Le but est de créer de la valeur avec ces nouveaux actifs virtuels comme nous le faisons avec nos actifs réels », ajoute le dirigeant, qui gère habituellement des murs de supermarchés.
 

Champs virtuels

Pour l'heure, comme pour Carrefour, il n'est pas question de créer un magasin virtuel. Le groupe Casino démarrera avec un jeu dit de quêtes conforme à ceux que développe The Sandbox. Pour établir un lien avec le métier de distributeur alimentaire, il se déroulera dans des champs virtuels et il sera question de trouver de la nourriture ou des ingrédients présents sur la boutique en ligne du Club Leader Price - qui propose la vente d'un peu plus de 1.000 produits du quotidien via un système d'abonnement.

« Des clients du club recevront, sans qu'ils en aient fait la demande, des 'tickets d'or' qui permettront l'accès au jeu », précise Nicolas Joly. Au fur et à mesure de leur avancement dans le jeu, les joueurs gagneront des récompenses sous forme de bons d'achat ou de réductions. Des récompenses sous forme de NFT sont à l'étude. Le jeu a été développé en interne chez Casino avec l'aide de Bem.builders pour le design et de Blockchain Xdev pour la chaîne de blocs.

Les autres enseignes de Casino (Monoprix, Franprix, etc.) réfléchissent à créer leur propre expérience dans le métavers. Le groupe utilise le Club Leader Price comme un laboratoire. « Nous nous positionnons plus largement sur le Web3, analyse le directeur de Casino Immobilier. Cet univers évolue vite. Il touche surtout les plus jeunes pour le moment. Nous apprenons en marchant. »

Des développements sont d'ores et déjà envisagés dans une logique financière de valorisation d'actifs réels. L'idée, déjà mise en oeuvre par d'autres foncières, est de travailler sur la monétisation en « tokens », c'est-à-dire en jetons de monnaie virtuelle, des actifs immobiliers réels. La réglementation rend possible la vente de parts d'une société immobilière qui détient un immeuble. L'ambition est de prendre position sur le marché secondaire qui va apparaître et sur lequel l'échange de titres sera possible avec une technologie qui permet des échanges quasi-instantanés à des coûts de gestion limités.
 

Attirer de nouveaux investisseurs

L'objectif est d'attirer un nouveau type d'investisseurs. La société d'études Gartner vient de publier une enquête qui prédit qu'en 2026, 25 % de la population passera une heure par jour sur le métavers, pour consommer, apprendre, travailler ou se distraire. De leur côté Adan et KPMG ont compté que 8 % des Français avaient déjà acheté des cryptomonnaies. Nicolas Joly compare le chiffre aux 6,7 % qui possèdent des actions…

Le dirigeant considère qu'il ne convient pas d'opposer le monde virtuel au monde réel, mais que les deux univers sont au contraire poreux, à l'instar de l'omnicanalité qui associe les magasins en duraux ventes en ligne sur Internet. En résumé, le métavers ne serait qu'une nouvelle dimension à ajouter aux autres.

Carrefour annonce l'utilisation prochaine du métavers pour la création des événements virtuels, des lancements de produits, l'utilisation de NFT. Comme le groupe Casino, l'enseigne est installé sur The Sandbox. La concurrence virtuelle devient aussi une réalité.

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