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  • Thierry Bardy

La course aux usines géantes de batteries se poursuit en Europe

Anne Feitz


Le numéro un mondial des batteries pour voitures électriques, le chinois CATL, a annoncé un investissement de 7,3 milliards d'euros en Hongrie.

Les projets d'usine de batteries électriques en Europe continuent de se multiplier. Alors que Bruxelles cherche à faire émerger une filière locale pour ce composant stratégique de l'automobile de demain, les acteurs asiatiques se positionnent massivement sur le Vieux Continent pour servir les constructeurs locaux. Dernière annonce en date, celle du chinois CATL, qui a dévoilé la semaine dernière vouloir investir 7,3 milliards d'euros à Debrecen, en Hongrie. Une annonce surprise du numéro un mondial du secteur, qui est déjà en train d'achever la construction d'une première usine en Europe, à Erfurt en Allemagne.

Représentant un investissement total de 1,8 milliard d'euros, une capacité à terme de 14 gigawattheures (de quoi équiper environ 150.000 voitures par an), celle-ci doit démarrer avant la fin de 2022 sa production, destinée à BMW et Mercedes-Benz.

A en croire le communiqué de CATL, l'usine hongroise sera autrement plus grande : le groupe chinois annonce une capacité de 100 GWh, sur une surface de 221 hectares. De quoi équiper plus d'un million de voitures par an.

Capitalisation boursière de 190 milliards

L'industriel n'a pas indiqué quand il comptait démarrer la production, se contentant de déclarer que la construction démarrerait cette année s'il recevait les autorisations nécessaires. Mercedes-Benz a déjà annoncé qu'il figurerait parmi ses principaux clients. BMW, Stellantis et Volkswagen, clients traditionnels de la firme chinoise, devraient aussi en assurer les débouchés.

Représentant aujourd'hui près de 30 % du marché mondial des batteries, CATL entend ainsi maintenir ses positions sur le Vieux Continent. Il en a les moyens : fort d'une capitalisation boursière de 1.300 milliards de yuans (190 milliards d'euros) il vient de lever 6,4 milliards d'euros par le biais d'un placement privé.

Mais cette annonce a de quoi déstabiliser les nombreux acteurs européens engagés dans la course aux batteries, comme le suédois Northvolt ou les constructeurs Volkswagen et Stellantis. Ils représentent plus de 800 GWh de nouvelles capacités sur le Vieux Continent, sur les 1.500 GWh annoncés à ce jour (dont 250 GWh pour le seul Tesla). Partis de zéro il y a un ou deux ans, la plupart n'ont toutefois pas encore commencé à produire et n'ont encore ni technologie éprouvée, ni garantie de rentabilité.

Et la question de leur capacité à rivaliser avec les acteurs asiatiques reste entière. Selon HSBC, les six premiers acteurs du marché (les chinois CATL et BYD, les coréens LG Energy Solution, SK Innovation et Samsung SDI, et le japonais Panasonic), totalisent aujourd'hui 82 % des ventes mondiales de batteries. Et ils s'en partageront encore près de 80 % en 2030. LG Energy a ainsi annoncé fin juillet son intention d'implanter une nouvelle usine en Europe, sans plus de précision.

La question de la nationalité des acteurs n'est pas neutre sur la souveraineté des constructeurs, comme le rappelait le chancelier allemand Olaf Scholz chez Volkswagen, à Salzgitter début juillet : « Il n'y a pas si longtemps, nous pensions que les batteries pouvaient être achetées en Asie. Depuis, nous avons appris. La pandémie et l'assaut brutal de la Russie sur l'Ukraine nous ont rappelé que la dépendance à des chaînes d'approvisionnement mondiales pouvait représenter un gros risque. »

Comme pour lui donner raison, LG Energy a annoncé fin juillet qu'il reconsidérait son projet d'usine en Arizona, en raison de la flambée des coûts logistiques et de construction aux Etats-Unis. Décision dans trois mois. Et CATL aurait selon Bloomberg suspendu son projet de giga-factory aux Etats-Unis, sur lequel comptaient Ford et Tesla, après la visite de Nancy Pelosi à Taïwan.

Une usine Eurocell aux Pays-Bas

La start-up coréenne Eurocell a annoncé cette semaine avoir choisi les Pays-Bas pour sa première usine de batteries, qui représentera un investissement de 715 millions d'euros et produira 40 millions de cellules par an en 2025. « Il s'agira toutefois essentiellement de batteries stationnaires, à installer dans les habitations ou les entreprises pour soulager le réseau électrique », explique aux « Echos » son directeur commercial Nick Clay.

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