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  • Photo du rédacteurThierry Bardy

Bruxelles se penche sur l'alliance Microsoft-OpenAI

Raphaël Balenieri

Les quelque 13 milliards de dollars que Microsoft a promis d'investir dans OpenAI, la célébrissime start-up derrière ChatGPT, constituent-ils une acquisition de fait ? Après le gendarme de la concurrence britannique en décembre, la Commission européenne va à son tour se pencher sur le sujet. Ce mardi, Bruxelles a fait savoir qu'elle allait « vérifier » si l'investissement de Microsoft dans OpenAI pouvait être apprécié au regard du droit européen sur les fusions-acquisitions.

Cet examen est la première étape avant l'ouverture d'une potentielle enquête, même si à ce stade, il n'est pas certain que Bruxelles aille jusque-là. Mais l'Europe est vigilante, alors que le continent a été le premier au monde à réguler l'intelligence artificielle en adoptant l'IA Act fin 2023. L'annonce arrive aussi alors que Margrethe Vestager, la vice-présidente exécutive de la Commission chargée de la concurrence, est en visite en Californie cette semaine, où elle doit rencontrer plusieurs géants de la tech.

Une « killer acquisition » déguisée ?

« Les mondes virtuels et l'intelligence artificielle générative se développent très rapidement. Il est fondamental que ces marchés restent concurrentiels et que rien n'empêche les entreprises de croître et de fournir les meilleurs produits les plus innovants aux consommateurs », assure la commissaire dans un communiqué. Pour cela, Bruxelles va aussi sonder le secteur via deux appels à contributions. L'institution va aussi examiner d'autres partenariats, comme potentiellement ceux entre Google et Amazon et la start-up Anthropic.

S'agissant de Microsoft-OpenAI, la Commission européenne veut savoir si les liens entre les deux sociétés n'ont pas conduit dans les faits à une fusion, avec des conséquences potentiellement néfastes pour le marché, comme une position dominante ou l'absorption d'un concurrent avant qu'il ne soit dangereux (« killer acquisition »). Et cela, sans qu'une autorité antitrust n'ait eu à se prononcer sur l'opération.

Pour rappel, Microsoft et OpenAI sont liés par un « partenariat étendu » signé début 2023. En plus des 13 milliards promis sur plusieurs années, Microsoft est également le « fournisseur exclusif » d'OpenAI sur le cloud : tous ses modèles algorithmiques tournent sur Azure, propriété de Microsoft. Enfin, la firme de Redmond agit également comme un puissant distributeur. Début novembre, l'IA générative d'OpenAI a été intégrée dans tous les logiciels de bureau de Microsoft, comme Word, Excel ou Teams.

Cette annonce intervient après une vaste crise de gouvernance fin 2023 chez OpenAI qui a révélé au grand jour à quel point Microsoft tient les rênes de la start-up, alors même qu'il n'était pas représenté, jusqu'alors, au conseil d'administration. Après avoir été brutalement évincé du « board » lors d'un « coup », Sam Altman, le cofondateur d'OpenAI, avait été immédiatement repêché par Satya Nadella, le PDG de Microsoft, qui lui avait offert un pont d'or pour monter une nouvelle équipe chez Microsoft. Même si Sam Altman a finalement été réintégré chez OpenAI, cette proposition avait alors été interprétée comme un quasi-rachat d'OpenAI. Microsoft n'a pas encore réagi formellement. Mais après l'examen par la CMA, le numéro un des logiciels avait nié toute prise de contrôle. « C'est très différent d'une acquisition comme le rachat de DeepMind par Google au Royaume-Uni », avait alors répondu Brad Smith, président du groupe chargé des affaires réglementaires.

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