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  • Photo du rédacteurThierry Bardy

Les jeunes pousses recrutent des « chief AI officer » pour rester à la page

Adrien Lelièvre

Mirakl est à la recherche d'un expert de l'IA qui siégera à son comité exécutif. Une façon de rester au fait des nouveautés et de développer des services plus performants.

Avec 750 salariés à bord, Mirakl est l'un des principaux pourvoyeurs d'emplois dans la French Tech depuis sa création. La licorne compte, par conséquent, un service des ressources humaines habitué à attirer les meilleurs talents dans ses filets. C'est pourtant Philippe Corrot en personne, le cofondateur de l'éditeur de places de marché, qui a pris la plume cette semaine sur LinkedIn pour partager une annonce d'emploi qui n'est pas passée inaperçue.

« Au cours des derniers mois, nous avons été témoins de l'essor de l'IA générative en tant que force qui modifie rapidement la civilisation et remodèle chaque industrie, profession et individu », souligne le dirigeant. « Chez Mirakl, nous aspirons à être à l'avant-garde de ce changement. Je suis donc ravi d'annoncer une occasion rare : nous recherchons un(e) 'chief data and artificial intelligence officer' pour diriger notre stratégie de données, assurer une gouvernance optimale dans son usage et promouvoir une culture axée sur les données. »

Préoccupation croissante

Le choix du patron de s'exprimer publiquement sur le sujet illustre à quel point l'intelligence artificielle est au coeur des préoccupations des start-up depuis l'explosion d'OpenAI, la start-up derrière le robot ChatGPT, qui a provoqué une vague de financements et d'innovations spectaculaires dans le secteur.

Mirakl ne part pas d'une page blanche. « En cinq ans, notre équipe Data et IA est passée de 5 à 25 personnes et nous avons encore douze postes ouverts », rappelle Amélie Richardson, directrice des ressources humaines de la start-up. Le chief data and artificial intelligence officer de Mirakl dirigera cette équipe et sera membre du comité exécutif.

Signe ultime de son intérêt : Philippe Corrot, qui a investi à titre personnel dans Mistral AI, le champion français des grands modèles de langage (comme OpenAI), a réclamé que le service Data et IA soit déplacé à « 2 mètres de son bureau », ajoute Amélie Richardson. De quoi faciliter les échanges d'idées.

Le mouvement est général dans la French Tech. Lifen, une plateforme d'e-santé membre du FT120, est à la recherche, en ce moment, d'un(e) « head of artificial intelligence », selon une annonce parue sur Welcome To The Jungle, la plateforme de référence pour les recrutements dans la tech. La personne devra piloter une équipe de trois ingénieurs spécialisés dans le machine learning et « positionner Lifen comme un acteur majeur de l'IA appliquée à la santé en France ».

Toutes les start-up n'ont pas encore un « big boss de l'IA », d'autant que ce profil demeure rare et coûte cher. Le plus souvent, cette expertise est attendue chez les directeurs techniques (CTO). Meero recrute à ce poste, et l'annonce ne laisse aucune place au doute. « Vous serez à l'avant-garde de notre mission : s'appuyer sur l'IA pour démocratiser l'accès à des photos de haute qualité et authentiques », peut-on y lire.

Chez l'assureur Alan, le sujet est également pris très au sérieux par Charles Gorintin, son cofondateur et directeur technique. « J'ai arrêté tout le reste pour me reformer sur l'IA, puis faire de l'évangélisation et le déploiement en interne », explique-t-il. Un bain de jouvence pour cet ingénieur de formation qui était passé pendant ses études par le MVA, un master de référence dans l'IA. Le sujet le captive tellement qu'il a contribué à la création de Mistral AI en tant que conseiller, aux côtés de son associé Jean-Charles Samuelian-Werve, et Cédric O, ancien secrétaire d'Etat au Numérique.

Risques et opportunités

Le bouillonnement dans l'intelligence artificielle ouvre des nouvelles opportunités mais pose également des questions éthiques, voire sécuritaires. « Notre CTO nous pousse à tester des choses avec OpenAI pour booster notre productivité et développer des produits. Mais, à vrai dire, nous avons peur que certaines de nos données sensibles fuitent », confie un cadre dans une pépite de la French Tech.

Au sommet des start-up, l'ambivalence est de mise : ne pas s'intéresser à cette rupture technologique pourrait être considéré comme une faute majeure. Dans le même temps, certains projets étiquetés « IA » dévoilés par des jeunes pousses relèvent, parfois, surtout de la communication.

Pour monter en compétences, les formations sur l'IA sont très réclamées. Pollen, une edtech qui fait appel à des experts pour former les cadres aux meilleures pratiques, en propose une avec Claire Lebarz, une ancienne d'Airbnb chargée de l'IA chez Malt. « La première que nous avons faite avec elle était complète alors que Pollen n'avait que trois mois d'existence », se réjouit sa fondatrice, Julie Ranty. Pollen planche déjà sur trois nouvelles formations sur l'IA générative en 2024 : les places risquent de partir très vite.

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