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Plaidoyer pour une prospective d’entreprises ouverte

Thierry Bardy, Président Club Open Prospective


Associons innovation ouverte et démarche prospective pour produire de meilleurs résultats en matière de création de valeur.

Dans un contexte de mondialisation économique et d’hyper compétitivité, les entreprises ont mis l’innovation au cœur de leurs stratégies de développement. L’ « open innovation » - des modes d’innovation « ouverts », fondés sur le partage et la collaboration - est rapidement apparue comme une réponse pertinente aux enjeux de transformation auxquels elles doivent faire face. Depuis les premières démarches d’innovation ouverte initiées par Procter & Gamble et la publication du best-seller d’Henry Chesbrough (« The New Imperative for Creating and Profiting from Technology », 2003), considéré comme le père fondateur de la discipline, le concept a profondément évolué pour devenir un magma protéiforme qui mêle des notions aussi différentes que l’open source, les incubateurs et les accélérateurs de start-up, l’intrapreneuriat, les partenariats académiques ou encore l’innovation avec ses clients...

Un nouveau maillon

Aujourd’hui, l’open innovation est envisagée comme un vecteur de changement culturel et de transformation du processus d’innovation au sein des entreprises. L’idée maîtresse que « le tout est plus que la somme des parties » est devenue quasi secondaire. Si l’innovation ouverte actuelle tarde à produire les résultats attendus et s’avère complexe à mettre en œuvre, son association avec une démarche de prospective, elle aussi ouverte, pourrait nous faire entrevoir de meilleurs résultats…


L’open innovation se défait de ses travers - Regardons ailleurs pour innover en France !

Pour rendre l’innovation plus créatrice de valeur, l’idée est d’ajouter à la chaîne de l’innovation actuelle un maillon prospectif et de le constituer avec des acteurs d’horizons ou de secteurs industriels totalement différents. La notion de secteurs industriels doit s’effacer au profit de la notion de filières ou d’écosystèmes.

Ce maillon doit se situer en amont de l’innovation, là où les entreprises peuvent confronter, échanger leurs idées sans soucis de confidentialité ou de concurrence. Ce maillon de prospective clairement identifié a pour objectif de travailler avec plus de recul et dans une approche systémique le « quoi et le pourquoi », alors que le maillon de l’innovation adresse principalement le « comment » dans un jeu d’acteurs souvent figé.

Mieux imaginer le futur. Il s’agit de renforcer le management de l’innovation actuel des entreprises pour le rendre plus créateur de valeur, mais aussi plus impactant sur le souhaité et le souhaitable de nos vies futures.

La pratique prospective doit aussi être en capacité de réfléchir aux « buzzwords » du moment.

Les réflexions prospectives doivent permettre d’appréhender le temps long, alors que l’innovation exercera son exécution sur le temps court. Une autre caractéristique d’une prospective d’entreprise est de pouvoir décoder le présent pour mieux imaginer l’avenir et en particulier comprendre les jeux d’acteurs d’un écosystème. Confronter des scénarios extrêmes pour mieux en identifier les ruptures sous-jacentes constitue d’autres pistes d’explorations de la prospective d’entreprise.

Mais la pratique prospective doit aussi être en capacité de réfléchir aux « buzzwords » du moment que sont par exemple l’intelligence artificielle, l'entreprise régénérative, le quantique, la RSE , etc - en les imaginant dans des univers d’expérience et des secteurs d’activité nouveaux. On parle alors de « design prospectif ».

Co-construire une prospective d’entreprise

Le stade amont du chaînon prospectif permet de libérer les acteurs de la confidentialité et des enjeux de propriété intellectuelle associés notamment à leurs activités de recherche. Après une élaboration collective en « creative commons » d’idées et de concepts larges, les acteurs ont toute liberté de s’emparer de cette production pour essayer de la traduire en innovations tangibles au sein de leur entreprise.

Il est et il sera demain encore plus illusoire de penser qu’un acteur seul puisse appréhender les enjeux et les impacts de technologies aussi complexes que l’intelligence artificielle, le stockage d’énergie ou les technologies de connectivité.

Les entreprises ne peuvent plus réfléchir en industries ou en filières métiers classiques et isolées, mais davantage en écosystèmes élargis dans une approche plus systémique. L’agrégation de technologies variées potentiellement créatrices de valeur doit être pensée très en amont et surtout en commun. Thierry Bardy Président du club open prospective


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