• Thierry Bardy

Quand la tech nous tire vers les urnes

Cette semaine, j’attire votre attention sur l’ information n°4. Un mouvement commencé avant les élections présidentielles de 2017 tentait, avec l’apparition d’une application numérique facile à utiliser, de concrétiser et rassembler les attentes politiques des citoyens. Le mouvement s’amplifie aujourd’hui, va-t-on assister à une révolution numérique des outils de la démocratie ?

Philippe Clément

Senior Advisor for Strategic Innovation


  1. Avec QuantAlps, Grenoble fédère la recherche dans le quantique de 18 laboratoires

L’union fait la force ! C’est du moins ce que met en pratique l’université de Grenoble (UGA) en fédérant 18 laboratoires et 200 scientifiques du domaine quantique. Avec une ambition mondiale, 5 projets jugés d’importance s’alignent sur les stratégies nationales et européennes : le calcul quantique, la simulation quantique, les capteurs quantiques, la communication quantique et les nouvelles synergies issues des connaissances fondamentales transverses pour les technologies du quantique. Parmi ses principaux objectifs : Structurer un écosystème pour les technologies quantiques, interdisciplinaire et fortement couplé aux entreprises pour contribuer à l’éclosion de start-up. La difficulté venant habituellement de la verticalisation d’une filière, de la recherche à l’industrialisation, les travaux de cette fédération QuantAlps sont à surveiller de très près.

  1. Les faux profils avec des visages créés par l'IA prolifèrent sur LinkedIn

LinkedIn, réseau professionnel de contacts s’il en est, n’échappe pas à la contrefaçon de profils. Ceux-ci sont principalement créés sur LinkedIn à fins de démarchage commercial. Les méthodes « deep-fake » permettent sur des sites officiels de créer des visages vraisemblables et de les associer à des comptes artificiels générés par des sociétés indélicates soucieuses d’accéder à vos réseaux. Et comme vous ne pouvez accéder à la traçabilité du compte et des preuves d’existence, la contre-mesure consiste à ne pas accepter de mise en relation avec une personne inconnue, c’est le seul moyen qui vous reste pour garder un réseau « sain ». Ce conseil ressemble fortement aux recommandations en vogue sur les réseaux sociaux…

  1. L'Ukraine neutralise cinq fermes de bots dédiées à la désinformation

L’information influence chacun au plus profond de ses convictions, encore faut-il qu’elle soit juste et éclairée. Un système démocratique basé sur une participation représentative des citoyens peut alors être lourdement influencé par toute organisation manipulant l’information. Le pouvoir russe muselle ainsi tous les organes de diffusion pour garder la main sur les réactions des citoyens. Il ne s’arrête pourtant pas là et les exemples ne manquent pas, depuis certaines élections démocratiques internationales (US, France…), pour impliquer ce même pouvoir dans des manipulations d’opinion. L’on sait pertinemment que les réseaux sociaux sont pollués de nombreux comptes fantômes qui relayent et amplifient des rumeurs adaptées à des contextes politiques pour affaiblir telle ou telle position. Question simple : En tant qu’utilisateurs des réseaux sociaux dont les algorithmes amplifient la moindre information en fonction de son effet présumé sur l’audience, pourquoi n’avons-nous pas, nous, simples citoyens, d’outils fiables et sécurisés pour remonter à la source d’une information quelle qu’elle soit ?

  1. Quand la tech nous tire vers les urnes

Les signaux faibles apparus et relatés dans ces lignes avant les précédentes élections présidentielles de 2017 se sont concrétisés. A cette époque, le fondateur de make.org Axel Dauchez nous expliquait la naissance de son nouveau site par un manque cruel de représentativité des citoyens de tous âges dans la chose politique. En parallèle, l’objectif était de faire « remonter » leurs propositions pour en effectuer une synthèse lobbyiste. Cette approche « Bottom-up » de la politique est reprise largement aujourd’hui par « ta voix compte », « Elyse », « a voté ». Ces outils numériques renversent la pyramide politique traditionnelle. En effet les élections, présidentielles ou pas, sont considérées de nos jours comme les seuls moments opportuns d’exprimer les souhaits des citoyens. Ces nouveaux outils numériques se chargent, à l’instar des sites de dating, de mettre en relation votre profil avec les propositions des candidats. Sommes-nous à l’aube d’une gouvernance partagée entre l’exécutif et les citoyens ?

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